Compétitivité

Jeudi dernier, les entreprises américaines présentes dans le pays ont été réunies à Bruxelles par la Chambre américaine du commerce en Belgique (AmCham Belgium). Avec un objectif assumé : rappeler au grand public comme au gouvernement l’importance de ces groupes dans l’économie du pays, et demander une action de l’Etat pour favoriser leurs activités. Les derniers chiffres disponibles révèlent que les entreprises américaines ont employé 3 % de gens en moins en 2010 qu’en 2009, une baisse qui atteint 9 % dans l’industrie. Selon l’AmCham, ces chiffres sont liés à la mauvaise conjoncture économique, et appellent une réponse immédiate du pouvoir public quant à la compétitivité du pays.

Des entreprises très présentes en Belgique

Mais l’organisation a d’abord rappelé l’importance de l’investissement américain dans l’économie. En 2010, 132 000 personnes étaient employées par des compagnies américaines en Belgique. Ce qui représente 3,5 % des emplois du secteur privé. L’accent a été mis sur les plus grands groupes, les 50 plus importants constituant 2/3 des emplois. Certains de ces géants étaient représentés sur le podium, comme Coca-Cola, ou le pharmaceutique Pfizer. Ils ont profité de l’occasion pour faire l’éloge de la culture belge Sans hésiter à dire ce qu’ils pensaient des complexités du système. "Nous avons besoin de plus de stabilité, a expliqué Peter Menu, directeur des relations publiques de Pfizer. Les grands groupes adorent planifier sur le long terme. Quand un projet est annulé après dix ans de développement parce que les normes viennent de changer, c’est dur à justifier au siège, à New York." Certains en ont aussi profité pour faire leur autocritique : le vice-président de Coca-Cola Belgique, Jean Eylenbosch, déplore le manque de communication des grands groupes. "Il y a eu la crise financière en 2008, mais aussi les nombreux scandales alimentaires de ces derniers mois Nous avons besoin d’être plus transparents, de laisser le public voir ce que l’on fait, et d’accepter les retours que l’on reçoit."

Mais la plus grande revendication reste le coût du travail. Selon l’AmCham, les cinquante plus grandes compagnies auraient payé 1,7 milliard d’euros de contribution fiscale à l’Etat en 2011. Mais les impôts directs ne sont pas les seuls critiqués : le responsable de Coca-Cola a dénoncé le danger qu’il y avait à multiplier les taxes diverses : selon lui, certains supermarchés proches des frontières belges sont les meilleurs vendeurs de sodas de France. " Il y a peut-être un microclimat, a-t-il plaisanté, mais on peut penser que les taxes trop élevées poussent à aller faire ses courses ailleurs " Eric Lonbois, de la société de service Accenture, signale aussi que l’effet se répercute sur les salaires : "Il commence à y avoir une réelle fuite des cerveaux, certaines personnes quittent la société après quelques années."

L’AmCham Belgium compte rendre un rapport au gouvernement belge à la fin du mois de mai, et espère ainsi peser sur les politiques budgétaires à venir.