Il y a des signes qui ne trompent pas. Ils ont été nombreux à reporter leurs dépenses à plus tard malgré les offres alléchantes pendant les soldes d’été qui se sont terminés fin juillet. C’est le principal enseignement que tire la banque ING d’un sondage fait tout récemment.

En effet, il ressort de ce sondage que pas moins de la moitié des répondants (50 %) ont décidé de remettre à plus tard les achats importants et ils ont fait valoir que les soldes n’ont pas changé leur comportement. “Nous interprétons ce résultat comme le signe d’un certain pessimisme des consommateurs” , souligne la banque dans un communiqué publié hier. “L’incertitude face à l’évolution économique future, la faiblesse du marché du travail et les différentes pressions sur le pouvoir d’achat (inflation, salaires, mesures fiscales,…) peuvent probablement expliquer les hésitations des consommateurs face à des achats importants” , poursuit la banque. Et de fait, le climat est particulièrement morose sur le marché du travail comme en témoigne le niveau record du chômage atteint en juin en Belgique (lire aussi en page 8) .

De six à neuf mois

Toutefois, la banque ING se montre assez confiante pour l’avenir. “Nous pensons que la situation économique générale devrait s’améliorer petit à petit. En effet, les signes d’une reprise se multiplient, et sans verser dans l’euphorie, on peut bel et bien affirmer que la situation conjoncturelle est meilleure aujourd’hui qu’il y a six mois. S’agissant des ménages, leur confiance se redresse lentement. Il en va d’ailleurs de même de leur appréciation quant à l’opportunité d’achats importants : l’indice de confiance reste certes très bas, mais il a quelque peu progressé depuis le début de l’année” , souligne-t-elle.

Et de fait, l’indice de confiance des consommateurs de la Banque nationale a progressé en juillet pour la quatrième fois consécutive. “Le renforcement de la confiance des consommateurs est exclusivement imputable à des prévisions macroéconomiques plus favorables. Ainsi, la crainte d’une recrudescence du chômage au cours des douze prochains mois s’est nettement atténuée. Les consommateurs continuent, en outre, de porter un regard moins négatif sur l’évolution attendue de la situation économique en Belgique” , soulignait la Banque nationale en juillet dernier.

Toutefois, l’économiste Philippe Defeyt, estime quant à lui qu’il n’y a pas lieu d’en tirer des conclusions optimistes. “La raison principale de l’amélioration de l’indicateur global provient principalement de la lecture de la croissance économique. Quand on regarde l’appréciation d’opportunité d’achats importants, cela reste très mauvais. Je reste donc sceptique” , nous a-t-il expliqué.

La banque ING est, elle, d’une confiance prudente. “Il faudra encore attendre six à neuf mois pour voir les premiers effets de la reprise sur le marché du travail, mais si aucun nouveau choc négatif ne vient ternir le ciel économique, les ménages devraient graduellement débloquer leurs achats importants, contribuant ainsi à leur tour à la reprise économique” , conclut-elle.