En 2007, selon les chiffres avancés par Cruise&Ferry World (C&FW), l’association qui regroupe la grande majorité des acteurs du secteur des croisières et ferries en Belgique et au Luxembourg, 47 000 Belges ont fait une croisière, dont très exactement 40 180 via les membres de C&FW. Sans attendre les chiffres 2008 - qui seront disponibles à la fin du mois -, Patrick Pourbaix, vice-président croisières de C&FW, résume le sentiment général : "Quand j’entends les commentaires de mes collègues, je peux dire que 2008 fut une bonne année". Et celui qui est aussi directeur de Costa Croisières Benelux, le leader en Belgique, au Benelux et en Europe, d’indiquer : "Pour Costa, c’est une très belle année. Nous sommes largement au-dessus de nos objectifs avec une progression à deux chiffres, plus proche des 20 pc que des 10".

Il faut dire que la croissance de ce mode de vacances s’est intensifiée depuis 2005. A l’instar de ce qui s’est passé aux Etats-Unis où les croisières ont connu une grosse accélération avant d’atteindre aujourd’hui leur vitesse de croisière avec un marché arrivé à maturité. Et "en Europe, nous sommes encore loin des 10 millions de croisières vendues en Amérique du nord, nous qui n’avons pas encore passé le cap des 5 millions pour une population plus élevée et dont le pouvoir d’achat n’est pas moindre", affirme Patrick Pourbaix. "Je suis confiant dans le marché européen", ajoute-t-il.

La preuve ? En 2009, Costa va inaugurer deux nouveaux bateaux en juin (soit 5 500 lits de plus en une fois) et la commande de trois nouveaux a été confirmée avec livraison en 2010, 2011 et 2012.

De son côté, MSC Croisières, n°2 européen (16 644 passagers en 2008 pour MSC Croisières Belgique, pour 12 623 passagers en 2007) en a baptisé un fin décembre et baptisera un autre l’été prochain, "les plus gros bateaux jamais construits pour un armateur européen", indique la compagnie. "Ce qui confirme notre engagement à développer notre flotte", a précisé Pierfrancesco Vago, le Pdg. Un troisième bateau sera mis en service en mars 2010 et deux autres ont été commandés, qui arriveront en 2011 et 2012.

Tarifs, destinations, spa

La crise, les compagnies en ont pourtant ressenti les effets. Avec, chez Costa, entre mi-octobre et mi-décembre, un ralentissement des ventes, et de l’anticipation de celles-ci. "Mais depuis les fêtes et surtout la semaine dernière, les réservations suivent, en hausse par rapport à la même semaine l’an dernier", poursuit le directeur. Entre-temps, la compagnie a lancé de nouvelles offres tarifaires. "Sans brader tout", mais en élargissant son offre dans certains secteurs de marché, comme celui des familles. De quoi proposer une alternative - "valeur refuge sûre au rapport qualité-prix imbattable" - non seulement à des formules "resort, "club", comme le Club Med (voir épinglé), mais aussi aux séjours hôteliers des tour-opérateurs comme Jetair et Thomas Cook (qui, lui, affiche désormais une brochure "Croisières"). Car les principaux concurrents des acteurs du secteur, ce ne sont pas tellement, dans un marché en pleine croissance, les acteurs eux-mêmes mais bien les T.-O. sur le marché des vacances en général.

Enfin, pour appâter toujours plus le chaland, les compagnies multiplient les destinations et intensifient l’offre "bien-être", nouvelle tendance, avec un centre installé à bord (Samsara chez Costa et Aurea spa chez MSC), sorte d’îlot plus intime.