Deux ans et demi après le décès de l’homme d’affaires Albert Frère, ses deux enfants, Gérald et Ségolène ont profité d’une “fenêtre d’opportunité” pour se partager le contrôle dans les principales entités du groupe, à savoir GBL et CNP.

Pour faire très simple, Ségolène Frère prend le contrôle exclusif (pour la branche Frère) chez GBL, holding coté dirigé par son mari Ian Gallienne. Gérald Frère devient, lui, l’actionnaire majoritaire (à 75 %) de la CNP, société à portefeuille dont l’essentiel des participations n’est pas coté.

À l’heure actuelle, GBL est détenu à 28 % par Parjointco (43 % en tenant compte du double droit de vote), elle-même contrôlée moitié-moitié par les familles Frère et Desmarais. Ce bloc de 50 % du groupe Frère est dorénavant contrôlé à 75 % par Ségolène Frère.

Une grande partie du portefeuille de GBL est constituée de sociétés cotées (Adidas, LafargeHolcim, Umicore, Pernod Ricard notamment).

“Autonomie décisionnelle”

“Cette réorganisation vise à donner davantage d’autonomie décisionnelle et financière à chaque branche familiale, respectivement sur GBL (Ségolène Gallienne-Stichting Administratiekantoor Peupleraie) et sur les autres actifs du Groupe (Gérald Frère-Stichting Administratiekantoor Bierlaire), tout en conservant un actionnariat familial commun et en assurant ainsi la pérennité du groupe. L’action de concert sur GBL par les groupes Power (NdlR, de la famille canadienne Desmarais) et Frère, antérieurement notifiée, subsiste”, souligne le communiqué publié jeudi en début d’après-midi.

Le fait que Gérald et Ségolène Frère avaient chacun une participation de 50 % dans le groupe avait des avantages mais aussi des inconvénients. On peut en déduire que cette réorganisation vise à rendre la gouvernance plus facile.

Valorisation

On peut aussi en déduire que CNP (qui s’est fortement développée dans le private equity dans des secteurs aussi diversifiés que les médias avec M6, les machines à café avec Caffitaly ou la consultance technologique avec Akka) a une valorisation proche de GBL (environ 15 milliards d’euros). La “petite” différence a été compensée par des versements en cash.