Microsoft, Oracle, SAP et les autres géants du logiciel auraient-ils des soucis à se faire? Les entreprises semblent troquer de plus en plus souvent leurs logiciels propriétaires pour des logiciels libres, qu'il s'agisse du système d'exploitation Linux, de la suite bureautique Open Office, du navigateur Internet Firefox, du serveur web Apache, du serveur de messagerie SendMail, du serveur de fichiers Samba ou du logiciel de téléphonie Asterisk, pour ne citer que ces quelques exemples. De manière générale, on peut dire que chaque logiciel propriétaire - à commencer par les plus connus que sont Windows, Word ou Explorer - a désormais une alternative «open source». Avec grosso modo les mêmes fonctionnalités, mais sans devoir payer une coûteuse licence d'utilisation.

D'après une enquête menée auprès de 175 entreprises et organisations bruxelloises par la Chambre de commerce et d'industrie de Bruxelles et par Alunys - une société de services informatiques spécialisée dans les logiciels libres -, pas moins de 39 pc des répondants déclarent utiliser au moins un logiciel libre. «Nous sommes très étonnés par ce résultat, qui est bien plus élevé que ce que nous avions pensé», affirme Claude Aronis, le patron d'Alunys.

Demande de formations

L'enquête révèle également que près de 60 pc des entreprises interrogées - en particulier celles de plus grande taille - savent ce que sont des logiciels libres et sont capables d'en citer. Autre chiffre intéressant: 33 pc de celles qui n'en utilisent pas à l'heure actuelle se disent prêtes à le faire à l'avenir.

Pourquoi les entreprises optent-elles pour l'«open source»? Sans surprise, c'est essentiellement pour réduire leurs coûts. «En général, pour une qualité de service équivalente, une offre avec des logiciels libres est 30 pc moins chère qu'avec des logiciels propriétaires, dit Claude Aronis. Sans compter que les logiciels libres sont souvent plus stables et entraînent moins de frais de maintenance et moins d'interventions de techniciens.»

Mais il n'y a pas que l'aspect financier qui entre en ligne de compte. Parmi les autres arguments invoqués par les entreprises, on retrouve aussi la volonté d'agir dans la légalité - beaucoup d'entreprises, notamment dans le non-marchand, utilisent des versions pirates de logiciels propriétaires -, la flexibilité, ou encore la sécurité, les logiciels libres étant moins attaqués par les virus. «L'aspect philosophique est important aussi, car les logiciels libres sont synonymes d'un partage des connaissances», souligne Paul Heymans, le patron de la société Triangle 7, qui utilise des logiciels libres depuis quatre ans.

Quant aux freins à l'adoption des logiciels libres évoqués par les répondants, il s'agit essentiellement de la crainte d'incompatibilité avec les autres logiciels, de la peur du changement ou encore du manque de connaissance. Plus de la moitié des entreprises interrogées souhaiteraient d'ailleurs suivre des formations appropriées.

© La Libre Belgique 2006