Les Etats apportent leur garantie à Dexia

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Les Etats apportent leur garantie à Dexia
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Les gouvernements belge, français et luxembourgeois se sont engagés jeudi à garantir les financements interbancaires de la banque Dexia de manière à ce qu'elle puisse disposer de suffisamment de liquidité pour faire face aux engagements pris auprès de leurs clients.

Le gouvernement belge élargit le dispositif à toutes les banques belges systémiques, a annoncé jeudi le Premier ministre Yves Leterme, flanqué du vice-Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders. "Afin de soutenir l'activité du groupe et de conforter son développement, les trois gouvernements se sont conjointement engagés à garantir, à compter de ce jour et jusqu'au 31 octobre 2009, les nouveaux financements interbancaires et institutionnels ainsi que les nouveaux financements obligataires à destination d'investisseurs institutionnels, de maturité maximale de 3 ans levés par Dexia SA, Dexia Banque Internationale Luxembourg, Dexia Banque Belgique et Dexia Crédit Local de France", selon une communication conjointe des trois gouvernements faite jeudi au Palais d'Egmont à Bruxelles à l'issue d'une nuit de négociations.

La garantie "consolide l'activité de l'ensemble du groupe y compris sa filiale (américaine) FSA" dont certaines activités ont plombé le groupe Dexia. A l'égard de cette dernière, "il ne s'agit pas d'improviser", a commenté jeudi Jean-Luc Dehaene, président du Conseil d'administration de Dexia.

Certaines rumeurs ces dernières heures faisaient état de la volonté de certains, dans le cadre d'une scission du groupe Dexia entre sa branche française et belge, d'intégrer FSA dans une structure séparée. FSA est "une entreprise américaine (qui agit) dans un secteur régulé", a rappelé jeudi Jean-Luc Dehaene appelant à ne pas improviser dans ce dossier. La consolidation du groupe, en ce compris la filiale FSA, étant assurée par les garanties d'Etat, il conviendra "de voir calmement au sein de Dexia comment on suit le dossier (FSA)", a précisé M. Dehaene.

De scission au sein du groupe Dexia, il n'en est nullement question. "On vient de réitérer notre volonté d'être ensemble", a martelé Christine Lagarde, ministre française de l'Economie, coupant court à toute rumeur.

Aucun chiffre n'a été avancé quant à un éventuel coût de la garantie d'Etat couvrant le financement interbancaire de Dexia. "Un coût? C'est dans un premier temps une rentrée financière", a indiqué Jean-Luc Dehaene évoquant la rétribution des banques liée à la garantie. L'administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani s'est félicité de l'opération réalisée jeudi. "Cela va nous donner les moyens d'aborder sereinement la stratégie du groupe", a-t-il indiqué.

La mise en oeuvre avec effet immédiat de la garantie d'Etat se fera selon les voies parlementaires appropriées dans chacun des Etats. "Un projet de loi sera déposé", a indiqué le Premier ministre Yves Leterme.

Dexia a connu une série de chutes spectaculaires ces dernières semaines à la bourse de Bruxelles. Jeudi, à l'ouverture de la bourse de Bruxelles, l'action Dexia était en hausse de plus de 18%.

L'opération sauve la banque et restaure la confiance

Le Premier ministre Yves Leterme a qualifié jeudi de garantie absolue pour la pérennité de la banque l'opération décidée par les trois gouvernements, belge, français et luxembourgeois à l'égard du groupe Dexia. Selon M. Leterme, cette mesure doit permettre de restaurer la confiance entre les banques et permettre à nouveau qu'elles se financent mutuellement. "Il y avait un déficit de confiance empêchant les crédits entre banques. La garantie doit permettre de restaurer la confiance", a indiqué le Premier ministre.

Selon Yves Leterme, Dexia est sauvée. La banque était déjà saine mais la mesure est une garantie de la pérennité de la banque, a-t-il souligné. Il n'est pas question (à ce stade) d'un réagencement de Dexia. Il faudra s'y atteler plus tard, a-t-il dit. "Nous avons travaillé à la pérennité de la banque, ce qui est favorable aux actionnaires, aux clients et au personnel de la banque", a indiqué le Premier ministre. Yves Leterme a insisté sur le fait que les problèmes de la filiale américaine FSA de Dexia devaient être résolus. "Cela ne peut pas plomber le groupe", a-t-il dit. Il a cependant souligné que trouver une solution à cet égard en une nuit n'était pas possible.

Répondant à une question sur le coût de l'opération pour le contribuable, le Premier ministre a indiqué qu'elle comportait un risque bien calculé. "Cela ne doit rien coûter tant qu'aucune banque ne fait appel à la garantie. Les banques qui en feront usage devront quant à elles s'acquitter d'une indemnité", a-t-il précisé.

La continuité est assurée, souligne Didier Reynders

Selon le vice-Premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders, l'opération Dexia de jeudi élargie en Belgique aux banques systémiques, permet, après les efforts de recapitalisation et la désignation de nouveaux dirigeants à Dexia, de "soutenir la continuité des banques, leur activité et le renforcement de leur actionnariat".

Il s'agit de "donner le message aux clients qu'ils peuvent être rassurés", a encore dit le ministre des Finances.

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