Va-t-on voir un afflux de fonctionnaires européens à l’aéroport de Charleroi dès ce 1er Janvier ? C’est tout le souhait de Michael O’Leary, le patron de la compagnie Ryanair, dont l’aéroport de Bruxelles-Sud Charleroi est la troisième base européenne en termes de passagers. Pour rappel, la présidence irlandaise commence ce 1er janvier pour six mois et on s’attend à un va-et-vient constant de dignitaires et autres fonctionnaires européens entre Bruxelles et Dublin. Or, selon le quotidien "Irish Times", la low cost irlandaise figure dans la liste des compagnies retenues pour proposer des "vols officiels" durant cette présidence tournante de l’Union européenne. L’initiative viendrait du gouvernement irlandais "himself" qui entend faire baisser les coûts de fonctionnement de cet événement, explique le quotidien.

Le vent aurait donc tourné : on se souvient qu’une vive polémique avait éclaté en mars dernier entre Michael O’Leary et la Commission européenne, ce premier accusant les autorités de l’UE de "pratiques communistes" en boycottant les compagnies low cost. Selon lui, des consignes avaient été données par la Commission pour interdire à ses fonctionnaires de voler avec la compagnie irlandaise à bas prix depuis Bruxelles. "Au moment où la Commission demande l’austérité aux nations européennes et à leurs citoyens, elle ferait mieux de prendre les devants et d’obliger ses bureaucrates et son agence de voyage à réserver des vols à bas coût à Charleroi", expliquait à l’époque le patron de la compagnie irlandaise. Des affirmations qualifiées d’"absurdes" par l’exécutif européen, même si un porte-parole de la Commission rajoutait que l’utilisation de Ryanair était "compliquée" "par le fait que la compagnie opère depuis Charleroi, située à une soixantaine de kilomètres au sud de Bruxelles et que les réservations ne peuvent être faites que par les utilisateurs, et non par l’intermédiaire d’une agence de voyage". De plus, "les tickets à bas prix doivent être payés immédiatement avec une carte de crédit et les possibilités d’échange et d’annulation sont limitées".

Les fonctionnaires européens feront-ils pour autant le voyage du Berlaymont jusqu’à Charleroi ? Ryanair l’espère et a doublé ses vols entre Charleroi et Dublin (treize rotations hebdomadaires) en octobre dernier. Or à Zaventem, seul Aer Lingus (dont Ryanair possède 30 % des actions et qu’elle désire racheter entièrement) propose des vols directs entre les deux capitales. D’après l’"Irish Times", Ryanair annonce aussi un "tarif garanti" de 49,99 euros pour les "eurocrates", tout en comparant ce prix à la moyenne de 350 euros que, selon la compagnie low cost, l’Etat irlandais paierait actuellement pour ce même déplacement.