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Les ministres des Finances de l'UE sont réunis vendredi à Bruxelles pour réfléchir aux moyens de renforcer la discipline budgétaire, sous la pression de l'Allemagne qui souhaite imposer de nouvelles sanctions controversées et la mise en faillite de pays trop endettés.

Les grands argentiers des pays de l'Union européenne se sont retrouvés en début d'après-midi sous l'autorité du président de l'UE Herman Van Rompuy.

Il s'agit de la première réunion d'un groupe de travail chargé d'"explorer toutes les options" permettant de durcir la surveillance budgétaire des Etats de l'UE. Il compte rendre ses conclusions en octobre.

"Nous devons mettre davantage l'accent sur l'importance de la dette", a souligné le ministre suédois des Finances Anders Borg, en arrivant à la réunion.

"Nous devons renforcer les sanctions et améliorer les structures nationales" encadrant les déficits, a-t-il ajouté, estimant que les Européens devraient même "être capables de rendre leur rapport plus tôt qu'à l'automne".

Il s'agit de renforcer le Pacte de stabilité européen, censé limiter les déficits mais qui a volé en éclats avec la crise. Tous les pays européens s'y sont déjà engagés sur le principe, mais les avis divergent sur les moyens à mettre en oeuvre.

La Commission européenne a fait des propositions en ce sens la semaine dernière. La plus spectaculaire consisterait à imposer dès 2011 un examen européen des projets de budgets des pays avant que leurs parlement nationaux soient saisis. L'Allemagne entend de son côté, en échange de son aide aux pays de la zone euro en difficulté, imposer une discipline budgétaire de fer dans l'UE. Les députés allemands, qui ont donné vendredi leur aval au plan européen de soutien à la zone euro, ont réclamé des engagements forts en ce sens.

L'Allemagne demande notamment le blocage de certaines subventions européennes pour les pays laissant trop dériver leurs déficits, une option déjà envisagée par la Commission. Mais elle veut aller plus loin. Elle veut aussi demander la suspension pendant au moins un an des droits de vote lors des décisions prises au niveau de l'UE.

Elle envisage également que les programmes budgétaires des différents pays soient examinés par la Banque centrale européenne (BCE) ou un "cercle d'instituts de recherche indépendants", selon un document de travail. L'Allemagne veut aussi prévoir une mise en faillite des Etats trop endettés. Berlin propose aussi à ses partenaires de suivre son exemple en inscrivant dans leurs constitutions nationales un plafond chiffré pour les déficits. La France a fait un pas dans cette direction jeudi, en annonçant sa volonté d'y ancrer un objectif d'"équilibre des finances publiques".

Les propositions allemandes dans leur ensemble sont "très intéressantes" et "vont vraiment dans la bonne direction", a déclaré vendredi la ministre française des Finances Christine Lagarde, en arrivant à la réunion à Bruxelles. La France refuse cependant que l'attention soit seulement focalisée sur les déficits, et compte mettre aussi l'accent sur la croissance et la réduction des écarts de compétitivité entre pays européens.

Les ministres des Finances devraient discuter aussi de l'idée d'apporter une possible garantie commune à une partie des dettes nationales, selon une source européenne.

"C'est l'une des idées innovantes qui ont été mises sur la table", a indiqué cette source. Cette proposition pourrait cependant ne pas être du goût de tous, et notamment de l'Allemagne, qui s'est déjà prononcée à plusieurs reprises contre une gestion en commun des dettes publiques.