Un professionnel sur deux de la finance espère bénéficier d’une augmentation salariale cette année. Quelque 62 % l’attendent pour l’année prochaine. Ces chiffres proviennent d’une étude réalisée auprès de professionnels belges de la finance en mars par Robert Half pour la sixième édition de son "Financial Salary & Benefits Guide". Quelque 57 % des sondés se disent pourtant satisfaits de leur salaire, les plus jeunes l’étant cependant le moins (48 %). L’enquête révèle également que 59 % des financiers ont obtenu une augmentation de leur paquet salarial au cours des douze derniers mois, contre 47 % un an auparavant; 88 % ont bénéficié d’avantages extralégaux, contre 83 % un an plus tôt; et 59 % ont reçu un bonus, contre 41 % en 2009. "Après un blocus salarial, on constate qu’une partie de la rémunération est plus souvent liée à des performances individuelles ou de la société ", estime Joël Poilvache, directeur chez Robert Half Belgique. " Les entreprises ont délié leur bourse, mais elles devront encore davantage le faire."

Ces revendications salariales s’expliqueraient par la confiance retrouvée dans l’économie et la sécurité de l’emploi. L’enquête montre que c’est la génération Y, constituée des jeunes nés après 1980, qui a la plus grande confiance dans la sécurité de l’emploi (30 %) par rapport à la génération X (21 %) - née entre 1965 et 1979 - et les baby boomers (15 %). Par contre ce sont les jeunes et les plus âgés qui affichent le moins de confiance dans l’économie nationale (39 % contre 46 % pour la génération X).

La confiance dans l’économie incite également les professionnels de la finance à être plus mobiles. Près d’un travailleur sur trois envisage de changer d’employeur. Ce sont les professionnels du secteur bancaire qui manifestent le plus fort désir de changement (47 %), suivis des analystes financiers et commerciaux et des spécialistes en audit externe et en consulting (38 %), des profils de credit management (37 %) et de ceux du controlling, tax & treasury (31 %).

C’est la jeune génération qui s’est montrée la plus mobile l’an dernier (21 %), suivie par la génération Y (10 %) et enfin les baby boomers (7 %).

Ceux qui ont changé d’emploi dans les 12 derniers mois l’ont fait principalement pour des motivations de carrière (57 %), pour le contenu de la fonction (55 %) et pour un salaire plus élevé (40 %). Par contre, les professionnels de la finance qui souhaitent changer d’employeur cette année le font en premier lieu pour une augmentation salariale (67 %). Le contenu de la fonction (47 %) et les opportunités de carrière (38 %) sont également des arguments important pour motiver un changement.

" La chasse aux talents est à nouveau ouverte, constate Joël Poilvache, directeur chez Robert Half Belgique. Pour les entreprises, le défi est d’attirer les talents et de les conserver."

Parmi les profils les plus recherchés, on retrouve les comptables, les trésoriers ou encore les consultants. "La demande pour des consultants s’était pratiquement arrêtée en 2009. Aujourd’hui elle reprend. Tout comme la demande en banque d’ailleurs " Les entreprises recherchent aussi des juniors avec deux ou trois ans d’expérience. " Mais ce n’est pas facile d’en trouver car les entreprises ont peu engagé ces dernières années On constate aussi un décalage : les entreprises veulent des jeunes car ils sont moins chers, mais elles leur demandent d’avoir tout de même de l’expérience !"