Depuis vendredi et pendant tout le week-end, Washington a été la capitale de la finance internationale (G7, FMI et Banque mondiale). Epinglons quelques temps forts.

1 G7 "rassurant" après la crise de l'été. Les grands argentiers du G7 ont tenu à rassurer les marchés financiers, affirmant que leur situation s'améliorait après la crise de l'été. "La croissance mondiale reste forte mais les turbulences sur les marchés financiers, les prix élevés du pétrole et la faiblesse du marché immobilier américain vont probablement peser sur elle", ont indiqué les ministres des Finances et les gouverneurs des Banques centrales du G7. Sans faire allusion aux nouveaux records de l'euro face au dollar, les responsables des finances des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont préféré augmenter d'un cran la pression sur la Chine pour qu'elle assouplisse le taux de change du yuan. Pour l'instant, cette pression laisse Pékin de marbre.

2 FMI : "Les données fondamentales sont solides". Dans des termes à peu près identiques, le Fonds monétaire international a réaffirmé quant à lui que les données fondamentales de l'économie mondiale sont solides, notamment en raison de la forte croissance des marchés émergents et des pays en voie de développement. "Les récentes perturbations sur les marchés financiers dans les économies développées vont avoir un effet modérateur sur la croissance à court terme et les risques pesant sur les perspectives ont augmenté", souligne toutefois le communiqué final du Comité monétaire et financier international (CFMI) l'organe dirigeant du FMI. Celui-ci a jugé que les banques centrales dans les économies développées "avaient assuré un rôle déterminant pour assurer le fonctionnement des marchés financiers en apportant les liquidités nécessaires, tout en s'assurant que les marchés financiers puissent continuer à fonctionner normalement", lors de la crise de l'été. Le CFMI a toutefois rappelé que la politique monétaire devait se concentrer sur la stabilité des prix, en surveillant particulièrement les pressions inflationnistes provenant de la hausse du prix des matières premières, de la hausse des prix du pétrole et alimentaires ainsi que les risques pesant sur la croissance.

3 Ouvrir, rajeunir et assainir le FMI. Les ministres des Finances des Etats membres du Fonds monétaire international ont mis un coup de pression sur la réforme de l'institution vieillissante et l'assainissement de ses comptes, dix jours avant l'arrivée de son nouveau patron Dominique Strauss-Kahn.

La répartition des quotes-parts, qui règle l'équilibre des forces entre les 185 membres du FMI, est régie par un ensemble de formules mathématiques complexes dont la modernisation fait l'objet d'âpres négociations, les pays industrialisés refusant de céder davantage de pouvoir aux pays émergents.

Cette lutte se superpose à la controverse toujours vivace sur l'action du Fonds, accusé d'être une institution partiale au service des pays riches.

L'autre point fort du communiqué porte sur l'assainissement des finances du Fonds, dont il est explicitement écrit qu'elle doit "non seulement porter sur l'augmentation des recettes mais aussi sur la réduction des dépenses".

4 BCE "prête à agir". La Banque centrale européenne est prête à agir si nécessaire face au risque inflationniste, a déclaré Axel Weber, membre influent de son conseil des gouverneurs et président de la Bundesbank. "Nous devons dire de façon crédible que nous ne tolérerons pas une augmentation à long terme des taux d'inflation et que nous sommes prêts, si nécessaire, à contrer une telle augmentation par notre politique monétaire", a ajouté Axel Weber.

5 Un geste saoudien pour le pétrole ? L'Arabie saoudite est prête à augmenter sa production de pétrole si cela s'avère nécessaire face à la montée des prix du brut, a affirmé la ministre française des Finances Christine Lagarde à l'issue de la réunion. (avec AFP, Reuters)