ENTRETIEN

Comment IPM, qui édite notamment «La Libre Belgique» et «La Dernière Heure», se comporte-t-il dans un secteur des médias en évolution permanente? Et quelles sont ses ambitions? François le Hodey, administrateur délégué d'IPM, lève un (gros) coin du voile...

Dans quel état de forme IPM terminera-t-il l'année 2005?

Sur le plan publicitaire, IPM a connu une année en hausse modérée. La presse quotidienne, et c'est très rassurant, enregistre une part de marché publicitaire quasi historique au regard des autres médias (dont la télévision). Cela signifie qu'elle demeure un média très performant pour les annonceurs. Si on considère nos titres, 2005 est une année record pour «La Dernière Heure», tant au niveau de la diffusion payante que du lectorat (+21,5pc). L'écart entre «Le Soir» et la «DH» n'a jamais été aussi faible (NdlR: de l'ordre de 5000 exemplaires). On constate qu'un match est en train de s'ouvrir entre la «DH» et «Le Soir», alors que sur le segment des «quality papers», «La Libre» vise un positionnement plus intellectuel que «Le Soir».

«La Libre» a aussi connu des évolutions visant à élargir son public, notamment avec le lancement d'éditions régionales.

C'est là le résultat d'une presse de qualité qui est moins refermée sur elle-même. Les «quality papers», comme «La Libre» ou «De Standaard», font preuve d'un plus grand éclectisme: on le voit dans le domaine du sport, du divertissement ou de l'info régionale. Mais «La Libre» continuera à consolider son leadership de journal de référence, à développer ses caractéristiques de qualité de l'information, de leader des débats.

Outre de nouvelles rotatives et un nouveau format (lire ci-dessous), l'autre grand chantier d'IPM sera le déménagement du groupe en 2006.

C'est un chantier fantastique! Cela fait dix ans que nous l'attendons. Notre entreprise a tellement changé au cours des dernières années que le bâtiment du boulevard Jacqmain, à Bruxelles, n'est plus adapté à nos besoins. Nous avons donc fait le choix de s'installer près du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes, dans un ancien garage. Le projet totalise 9000 m2, dont 6000 pour le groupe IPM et 3000 pour deux nouveaux étages qui seront mis en location. Le bâtiment, financé en partenariat avec Fortis Lease et ING Lease, a été conçu par le bureau d'architectes Beauvoir et est en cours de construction par Dewael et Blaton.

En quoi ce déménagement est-il si déterminant?

Au-delà des briques, il s'agira d'une véritable philosophie de vie pour IPM. On pourra évoluer dans un espace totalement adapté - tant sur le plan de l'organisation interne que des technologies - aux traits de caractère de notre entreprise. Un exemple: on ne trouvera pas un seul couloir et il y aura très peu de ruptures sur le plan visuel. Ce seront là des facteurs de transparence et de convivialité tout à fait importants pour l'efficience du groupe.

Sur le plan technologique, en quoi ce bâtiment sera-t-il à la pointe?

Tout sera conçu sur un principe modulatoire, c'est-à-dire favorisant une organisation du travail par projet, ce qui se fait encore trop peu aujourd'hui. Le bâtiment sera entièrement équipé sur le plan audiovisuel. On y trouvera des studios radio et un équipement «Web TV».

Où en est-on dans le partenariat avec Ciel FM (NdlR: dont IPM a repris 50pc du capital)?

La radio est un domaine tout à fait prioritaire pour notre groupe. IPM veut participer à la révolution numérique qui s'annonce en radio. C'est la raison pour laquelle il est fondamental de pouvoir disposer d'un réseau de fréquences en Communauté française afin de pouvoir lancer un format radio d'informations. Le nouveau plan de fréquences sera un acte de politique industrielle et nous espérons que les pouvoirs publics reconnaîtront à IPM, dont les titres sont actifs depuis plus de 100 ans en Communauté française, une capacité d'expression radiophonique.

© La Libre Belgique 2005