en Australie

Ce sera peut-être un des temps forts de la mission présidée par le prince Philippe, qui a lieu jusqu’au 26 novembre en Australie. A l’abri des photographes et des micros, une brochette d’hommes d’affaires belges (en grande majorité flamands) se sont retrouvés lundi pour un déjeuner sur le thème des secteurs minier et énergétique. Etaient présents le bouillant Jan Pieter De Nul du groupe éponyme, Alain Bernard, le CEO de Deme (autre grand groupe belge du dragage), Johan Beerlandt, le patron de Besix (construction) ou encore Dirk Beeuwsaert, le responsable à l’international pour GDF Suez. En présence du prince Philippe, ils ont pu discuter en toute discrétion, dans un salon privé de l’hôtel Pan Pacific à Perth, avec Norman Moore, ministre des Mines et du Pétrole pour l’Australie de l’Ouest.

Tous ont comme point commun d’avoir des ambitions en Australie, notamment à Port Hedland, par lequel passera la mission ce mardi. Toutefois, ces ambitions sont parfois difficiles à réaliser comme nous le confiait avant le déjeuner Jan Pieter De Nul. " Tout est bloqué ", nous disait-il, un rien dépité. Et cela en raison notamment du fléchissement de la croissance, en particulier en Chine, qui a pour effet de mettre un frein aux exportations des ressources naturelles venant d’Australie et donc toutes les activités annexes comme le dragage. Il a aussi exprimé au passage son désarroi face à l’évolution de la Belgique où un impôt sur la fortune rapporterait des voix à Elio Di Rupo, mais serait payé surtout par les Flamands Et où la population active est de plus en plus limitée face aux chômeurs et aux non-actifs.

Pour en revenir à l’Australie, on se garde toutefois de se montrer défaitiste au sein de la délégation belge. " Des investissements miniers énormes sont en train de se mettre en route. La question est de savoir s’il y aura des développements supplémentaires. Il y a un peu d’incertitude sur la croissance future. Mais l’Australie est en un pays en croissance. Il y a même encore un peu de surchauffe ", souligne Dirk Beeuwsaert. Une façon de contredire ceux qui pensent que cette mission arrive un peu tard, l’Australie ayant son boom économique derrière elle à cause, notamment, d’un dollar australien devenu trop cher.

Alain Bernard se montre lui aussi positif. La mission est d’abord l’occasion d’établir des contacts, notamment avec le géant minier Rio Tinto. " Comme ça, ils nous connaissent, même si cela prend du temps avec eux ." Comme les autres hommes d’affaires, il est s’est rendu au centre de contrôle de Rio Tinto à Perth. Derrière une baie vitrée, ils ont pu voir les dizaines d’écrans à partir desquels est gérée toute la logistique, et en particulier ces trains sans conducteurs qui transportent, sur des centaines de kilomètres, les tonnes de ressources naturelles vers les ports.

Bien sûr, Rio Tinto, une multinationale très exclusive et aussi protégée que la Maison-Blanche n’a pas dévoilé ses secrets de fabrication. Elle n’a pas non plus accordé des rencontres "business to business" comme l’auraient souhaité certaines petites entreprises belges. Elle a quand même accordé une faveur aux patrons belges : les faire rencontrer le directeur des ressources humaines, Hugo Bague, qui a la particularité d’être Belge. C’est déjà ça