La banque Artesia (Dexia) s'est rendue coupable d'activités bancaires criminelles auprès de l'entreprise de technologie vocale Lernout & Hauspie Speech Products (LHSP). C'est ce qu'a plaidé lundi matin l'avocat Geert Lenssens au nom de l'association d'actionnaires Spaarverlies devant la cour d'appel de Gand où se poursuit le procès de la faillite frauduleuse de l'entreprise. Selon M. Lenssens, la banque et ses collaborateurs ont totalement nié les règles de base pour l'octroi de crédits à L&H.

Spaarverlies estime qu'Artesia (Dexia) et le réviseur KPMG sont les cerveaux de la fraude avec les Language Development Companiers (LDC's), les filiales de L&H. Geert Lenssens, avocat de 1.600 investisseurs dans l'entreprise faillie, a indiqué que Dexia a ignoré toutes les règles liées à l'octroi de crédits à L&H. "Des crédits ont été accordés à des sociétés (comme Radial) qui étaient en réalité des boîtes vides. Un banquier qui n'est pas au courant de l'affaire n'agit tout de même pas de la sorte envers une partie qui ne peut pas rembourser. La banque savait aussi que le bénéficiaire du crédit était une société qui n'avait pas de réalité économique. Et les assurances étaient recherchées auprès d'un vendeur (les patrons de L&H, ndlr) qui se portait garant pour un prêt de l'acheteur (de LDC's, ndlr). C'est une façon d'exercer des activités bancaires à la manière Far West", estime l'avocat.