Les journalistes du quotidien "Le Soir", du "Soir Magazine" et du Soir en ligne n’ont pas fait usage de l’arme atomique, vendredi, à l’occasion d’une assemblée générale. Ladite arme, redoutée par tout éditeur de presse, aurait consisté à débrayer immédiatement et, ainsi, bloquer la parution du "Soir" de ce week-end. Ils ont préféré opter pour une stratégie de la menace, consistant à lancer un premier avertissement à l’attention de la direction.

Cette stratégie a été couronnée de succès puisqu’une écrasante majorité des journalistes du groupe Rossel et Cie ont voté le dépôt d’un préavis de grève (qui arrivera à échéance le 13 février). Sur 106 votants (pour un effectif journalistique de 139 personnes), 96 se sont prononcés pour le préavis, 6 ont voté contre et 5 se sont abstenus. "Nous sommes très satisfaits de ce vote majoritaire à 89,6 pc. C’est un avertissement très clair à la direction", se félicitait un délégué syndical à l’issue de l’assemblée.

Pour rappel (lire notre édition de vendredi), les journalistes du "Soir" et du "Soir Magazine" protestent contre le gel unilatéral des barèmes au 1er janvier 2009, alors que la mesure, prévue dans le plan de restructuration, n’a pas encore été discutée avec les syndicats (Setca et Association des journalistes professionnels). "L’attitude de la direction de Rossel est d’autant plus choquante, nous indiquait vendredi un représentant des journalistes, que nous étions prêts à négocier une nouvelle convention barémique et des mesures d’économies."

Afin d’afficher leur désapprobation du gel des barèmes, mais également de la dénonciation de la légalité des barèmes en vigueur dans le secteur, chaque journaliste enverra une lettre type à la direction. Il a aussi été décidé que le conflit ferait l’objet d’une couverture rédactionnelle dans les colonnes du "Soir" et du "Soir Magazine" afin d’en informer les lecteurs.

Vendredi, la direction de Rossel semblait soulagée sur l’issue de l’AG du personnel On y redoutait en effet un arrêt de travail immédiat. Les deux parties ont prévu de se voir le 6 février. Il sera alors encore temps de désamorcer la grève annoncée.