On a appris mercredi que le groupe de prêt-à-porter français Camaïeu était placé en redressement judiciaire en France. Le groupe aux 4000 salariés et 634 magasins Outre-Quiévrain est en cessation de paiement. Le gouvernement français a fait savoir qu'il cherchait un repreneur pour le groupe depuis plusieurs semaines. 

En Belgique, Camaïeu exploite 28 magasins et emploie 130 personnes. Si la maison-mère française fait faillite et qu'aucun repreneur n'est trouvé, les conséquences pour la filiale belge seront lourdes. "Nous sommes très inquiets", commente Jalil Bourhidane, permanent syndical CNE. "Le groupe est mal en point depuis plusieurs années et la crise du coronavirus a accéléré le processus. La stratégie commerciale est peu claire, la gestion empire d'année en année et les clients ne s'y retrouvent plus. Camaïeu a déjà fermé tous ses magasins dans les pays de l'Est. Les comptes de la filiale belge sont en équilibre, ce qui est une bonne chose, mais nous avons tout de même des raisons de craindre que la Belgique soit emportée dans l'éventuelle chute du groupe."

Cependant, précise le syndicaliste, les magasins belges sont très bien situés, dans des artères commerçantes avec beaucoup de passage, ce qui faciliterait une reprise si les choses tournaient mal.

La CNE a pris contact avec les syndicalistes français représentant l'enseigne afin de tenter de glaner des renseignements sur la situation du groupe en France et son impact sur la filiale belge mais, jusqu'à présent, ils ne disposent d'aucune information sur la Belgique, indique Jalil Bourhidane. Le syndicat chrétien a également demandé à la direction belge la tenue d'un conseil d'entreprise extraordinaire pour faire le point. Aucune date n'a encore été fixée.