Le FMI a estimé mardi que les actions prises en Europe pour gérer la crise financière devraient permettre au Vieux continent "d'éviter que la crise n'ait des conséquences plus graves", et a maintenu ses prévisions publiées le 8 octobre.

"Même si la crise financière mondiale entraînera une forte décélération de l'activité économique, les actions engagées sur tous les fronts pour gérer cette situation devraient permettre d'éviter que la crise n'ait des conséquences plus graves", a déclaré à Bruxelles le directeur du FMI pour l'Europe, Alessandro Leipold, lors d'une conférence de presse. Il a néanmoins appelé les gouvernements européens à "recourir à la politique budgétaire pour amortir l'impact de la détérioration de la conjoncture".

Selon les prévisions du FMI publiées le 8 octobre, la croissance dans la zone euro ne sera que de 1,3% en 2008 et de 0,2% en 2009. Ces projections "restent dans l'ensemble valables", a affirmé M. Leipold. Estimant que "les risques d'inflation se dissipent rapidement", le FMI appelle également la Banque centrale européenne (BCE) à procéder à de nouvelles baisses de taux d'intérêt. "Il existe des marges de manoeuvre pour engager, à terme, d'autres mesures d'assouplissement" de la politique monétaire, selon M. Leipold.

Le responsable s'est cependant inquiété de la "situation sous pression des marchés émergents en Europe", c'est-à-dire les économies d'Europe centrale et des Balkans. "Il leur faudra répondre à d'éventuelles insuffisances des entrées de capitaux", a-t-il jugé, soulignant que le FMI était "prêt à apporter son aide". Selon lui, la croissance de ces économies émergentes en 2009 "se situera un peu en-dessous" des 4,3% anticipés pour 2009 dans le rapport publié le 8 octobre.

Le FMI est actuellement en mission d'assistance en Hongrie, en Ukraine et en Islande, a-t-il rappelé. Il n'a pas voulu commenter les informations de presse selon lesquelles l'Islande est sur le point d'annoncer un plan de sauvetage de 6 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros), associant le FMI et plusieurs banques centrales, pour aider le pays à sortir de la crise.