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Les plans de SNBA pour l'Afrique

Vincent Slits

Publié le - Mis à jour le

La concurrence sur l'Afrique est de plus en plus vive. Aussi, afin de ne pas risquer de voir ses positions stratégiques menacées, la compagnie belge SN Brussels Airlines (SNBA) passe à l'action.

«Notre ambition n'est pas d'attaquer de front des bases comme Casablanca (Maroc), Dakar, Nairobi (Kenya) ou Johannesbourg (Afrique du Sud) entre les mains de grandes alliances comme Skyteam ou Star Alliance. Nous voulons défendre et accroître nos parts de marché en Afrique en générant des synergies et des économies de coûts sur des marchés de niche et dans le cadre de partenariats à long terme avec des compagnies africaines liées à des Etats», a expliqué à «La Libre» Michel Meyfroidt, membre du comité exécutif de SNBA.

Voilà pour la philosophie. Au-delà de son réseau africain depuis Bruxelles (14 destinations), le management de SNBA cherche donc de nouveaux relais de croissance. D'autant que les Etats africains privatisent leurs compagnies aériennes.

Respect de la culture

La première concrétisation de cette stratégie est une question de jour. SNBA a en effet été sélectionné par le gouvernement camerounais pour piloter la nouvelle compagnie locale qui comptera deux ou trois appareils. SNBA sera l'actionnaire majoritaire d'un consortium de droit camerounais dénommé First Delta Air Services (NdlR: aux côtés d'investisseurs locaux) qui détiendra 51 pc de cette nouvelle compagnie, le solde restant entre les mains de l'Etat camerounais qui a décidé de mettre en liquidation la compagnie nationale Cameroun Airlines. Objectif: créer un hub au départ de Douala situé à deux heures de vol des capitales de 15 pays africains. «Le Cameroun est un pays important pour nous. Nous relions déjà quatre fois par semaine Douala et Yaoundé. La Belgique est, par ailleurs, le troisième partenaire commercial du Cameroun. Enfin, le Cameroun est le troisième pays du sud-Sahara où il y a le plus grand nombre de Belges après le Congo et l'Afrique du Sud», ajoute encore Michel Meyfroidt. Ce qui a fait la différence en faveur de SNBA? «L'offre de SNBA était au plus près du cahier des charges. La notoriété, héritée de l'époque Sabena, a aussi joué. Enfin, l'élément déterminant a été la volonté de SNBA de respecter la culture camerounaise. La compagnie sera une société camerounaise avec un patron camerounais et nous n'allons pas surcharger la nouvelle structure d'expatriés, là où les compétences locales sont disponibles, complète Etienne De Nil, responsable opérationnel et commercial pour l'Afrique. L'Afrique a le droit d'avoir les mêmes standards de qualité que l'Europe au niveau de la sécurité, de la ponctualité...».

Mais les regards de SNBA se tournent aussi vers un autre pays: le Rwanda. Ce dernier cherche aussi des partenaires étrangers dans le cadre de la possible privatisation de sa compagnie nationale, Rwandair Express. Le potentiel est important dans une région des Grands Lacs au fort potentiel touristique: l'aéroport de Kigali a d'ailleurs doublé de taille en 4 ans. «Il y a eu des contacts. Nous attendons des autorités aériennes rwandaises qu'elles communiquent leurs désirs», confirme Michel Meyfroidt.

Et du Rwanda au Burundi, il n'y a qu'un saut de puce. Normal donc que la compagnie belge regarde également ce marché avec intérêt et le dossier d'Air Burundi, la compagnie locale qui elle aussi pourrait un jour suivre la voie d'une privatisation. D'autres pays sont également potentiellement intéressants pour SNBA. «Nous avons pas mal de sympathie pour les pays du nord de l'Afrique comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso. Mais nous ne procéderons qu'étape par étape et nous ne saurons embrasser qu'un seul projet à la fois», prévient Michel Meyfroidt. Le montant des investissements prévus par SNBA dans le cadre de cette stratégie d'expansion en Afrique? «No comment», disent les deux responsables.

Enfin, quid des difficultés particulières aux investissements en Afrique? «Il y a le problème du fuel qui est plus cher qu'en Europe surtout dans les pays enclavés. Les distances de vol sont plus longues qu'en Europe, ce qui pose parfois des problèmes de maintenance et les aéroports n'ont pas toujours le même niveau d'équipement qu'en Europe. Par contre, il y a plus de souplesse qu'en Europe dans l'engagement de personnel pour combler des fonctions techniques», conclut Michel Meyfroidt.

© La Libre Belgique 2006

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