La suppression de la période d'essai est un "obstacle à l'embauche", affirme l'Union des classes moyennes (UCM). Pour Philippe Godfroid, président de l'organisation, cette mesure doit être évaluée, comme il l'a expliqué lors d'une conférence organisée mardi à Bruxelles. La balle est dans le camp du groupe des 10, lui a répondu le Premier ministre Charles Michel. 

"Nous demandons que l'impact de cette mesure soit évalué", a indiqué Philippe Godfroid. La période d'essai dans les contrats de travail a été supprimée l'an dernier dans le cadre de l'harmonisation des statuts d'ouvrier et d'employé.

L'absence de période d'essai serait un frein à l'embauche pour les PME et indépendants, plaide l'UCM. "Un entretien d'embauche n'est pas suffisant pour évaluer un candidat. Dans la moitié des cas, on se trompe", confie une chef d'entreprise présente à la conférence qui rassemblait une centaine de dirigeants de PME et d'indépendants.

Un autre argument invoqué par le monde de l'entreprise est la "prolifération de contrats atypiques", comme la sous-traitance, l'intérim ou les contrats à durée déterminée. "Les employeurs sont très imaginatifs pour remplacer la période d'essai", explique Philippe Godfroid.

"Je le crois, la suppression de la période d'essai a entraîné des effets pervers, comme l'émergence d'emplois plus précaires, ce qui n'est pas le but recherché", a répondu le Premier ministre Charles Michel dans son discours. "Le groupe des 10 doit pouvoir évaluer et éventuellement adapter cette mesure. Il doit être possible d'y travailler", a-t-il déclaré.