Depuis ce matin, et jusqu’au premier jour des soldes, le 3 janvier 2012, les commerçants se voient interdire toute promotion ou remise. L’an dernier encore, la période d’attente dite des présoldes durait 6 semaines. Depuis cet été, elle est passée à 4 semaines. Avec le risque que certains consommateurs se disent que, hormis pour leurs cadeaux de fin d’année, il ne sera pas bien compliqué d’attendre un petit mois pour profiter de 20, 30 ou 50 % de remise. Le début et le milieu de la saison n’ont pas été mirifiques, et elle pourrait ne jamais décoller. "Les magasins de mode ont connu le pire automne depuis des années", selon une étude du SNI (Syndicat neutre pour indépendants) à laquelle ont participé 511 magasins de mode. Et d’évoquer un recul du chiffre d’affaires des commerçants de détail de ce secteur de 7 % par rapport à l’année dernière. Pour 78 % des commerçants interrogés, leur chiffre d’affaires est en diminution, pour 18 %, il est inchangé, pour 4 % seulement, il est en hausse. En cause ? "Un automne exceptionnellement ensoleillé et les multiples communiqués relatifs à la crise de l’euro et à la récession", précise le SNI dans son communiqué. "Même les actions de vente de mi-saison n’ont pas pu remédier à ces ventes décevantes", où manteaux, pulls ou bottes sont toujours en rayon.

Du côté des chaînes, l’humeur est moins maussade. "La saison a été influencée négativement par la météo quasiment estivale de septembre et d’octobre, indique Catherine Lafleur, district manager chez C&A. Mais elle s’est nettement améliorée en novembre. Notamment grâce aux promotions de demi-saisons ." Au final, du moins en ce début décembre, un chiffre d’affaires qui se tient. Notamment parce que la taille du réseau et ses facilités logistiques, de stockage ou de réassort n’obligent pas C&A à rentrer ses articles hivernaux en début de saison. Tout au plus les articles de demi-saison sont-ils restés plus longtemps à l’étalage. "Les ventes de novembre nous ont permis de faire de la place pour les nouveaux articles d’hiver", confirme Catherine Lafleur.

Même échos du côté de Veritas, qui propose deux gammes de produits, l’une compensant l’autre : "On ressent un ralentissement sur les basiques, liés à la météo, indique Marthe Palmans, COO de la chaîne. Mais pas sur les accessoires qui permettent de personnaliser une silhouette." Avec ceci que c’est surtout en décembre qu’une année se gagne pour Veritas qui réalise, sur ce mois de pré-fêtes, plus de 20 % de son chiffre d’affaires. "De plus, cette année, nous profitons de deux samedis supplémentaires (l’an dernier, les 25 décembre et 1er janvier tombaient un samedi, NdlR). Et puis, nous n’avons pas le devoir de soldes dès le 3 janvier. Il n’empêche, comme tout retailer, ce qui est perdu est perdu."

Et si les consommateurs attendaient quand même le 3 janvier ? Une inquiétude qui n’en est pas une, ni pour Veritas, ni pour C&A, ni pour le SNI, qui martèle que cette période est très importante. "Si cette période était supprimée, les petits magasins de vêtements et de chaussures risqueraient de disparaître, précise le syndicat. Les grandes chaînes peuvent toujours faire des promotions, les petits magasins pas. Le commerce de détail risque donc de souffrir et cela serait dommage, également pour le consommateur qui ne pourra plus choisir qu’une offre très limitée." Et d’inciter tous les magasins à respecter cette période d’attente.