La protonthérapie, cette technique de radiothérapie qui permet de délivrer des doses importantes de radiations sur des tumeurs cancéreuses sans (trop) "déborder" sur les tissus avoisinants, n'a pas encore prouvé son efficacité, estime le Centre fédéral d'expertise des soins de santé dans un rapport publié jeudi. Mandaté par l'INAMI qui souhaitait vérifier le bien-fondé de son utilisation, le KCE (le Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé) a épluché la littérature scientifique internationale à ce sujet et est d'avis qu'il n'existe pas de preuves irréfutables de la supériorité de la technique par rapport à la radiothérapie conventionnelle.

Actuellement, ce traitement est utilisé chaque année chez une cinquantaine de patients belges, le plus souvent des enfants atteints de cancers rares, qui sont envoyés dans des centres spécialisés à l'étranger, avec un remboursement intégral par l'INAMI. Ce dernier envisageait d'élargir le remboursement de cette technique, onéreuse, à d'autres types de cancers.

Il existe, par ailleurs, en Belgique deux projets de centres de protonthérapie, l'un à Louvain et l'autre à Charleroi, qui sera aménagé par IBA. Dans ce contexte d'absence de preuves fiables, le KCE "ne peut pas formuler des recommandations en faveur de l'élargissement des indications actuellement remboursées par l'INAMI et recommande de conserver la procédure actuelle de remboursement au cas par cas", dit le rapport. Le KCE lance un appel pour que les patients actuellement traités par cette technique fassent l'objet d'un suivi attentif et que de nouvelles recherches soient lancées, afin de disposer de données scientifiques fiables à l'avenir.

Un coup dur pour IBA ?

Ce jeudi matin, l'action IBA, actif dans la protonthérapie, a vu le cours de son action chuter de plus de 20% après l'ouverture, souffrant de l'incertitude générée par la publication du KCE.