Les prix du pétrole continuaient de baisser vendredi à l'ouverture du marché new yorkais, toujours plombés par les inquiétudes entourant un ralentissement économique, malgré un regain de tensions géopolitiques.

Vers 14H15 GMT sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en février baissait de 80 cents à 92,91 dollars. Les cours ont déjà perdu environ 7% par rapport à leur record à 100,09 dollars de la semaine dernière. "Les craintes entourant l'économie continuent de miner les prix du brut", a souligné Eric Wittenauer, analyste d'AG Edwards.

La multiplication d'indices économiques faibles et les anticipations de plusieurs analystes d'une récession économique des Etats-Unis en 2008 amènent les opérateurs à appréhender une baisse de la demande en pétrole du pays, qui est de très loin le premier consommateur mondial d'or noir. "Techniquement, le fait d'avoir clôturé sous les 94 dollars le baril jeudi ouvre la voie pour une baisse potentielle jusqu'à 92 dollars", ont avancé les analystes de BMO Capital Markets.

Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a envoyé jeudi, lors d'un discours un nouveau signe de la dégradation de la situation économique des Etats-Unis. Mais en même temps, en assurant que la banque centrale allait agir comme nécessaire, il a pu quelque peu rassurer. Par ailleurs, l'effet sur les prix de cette appréhension de voir les difficultés économiques peser sur les dépenses des ménages américains, et notamment sur leurs achats d'essence, était quelque peu contrebalancée par une nouvelle montée de tensions géopolitiques au Nigeria et à la frontière turco-irakienne.

D'une part, l'artillerie turque a encore bombardé vendredi des secteurs du nord de l'Irak, d'où Ankara tente de déloger des rebelles kurdes. D'autre part, au Nigeria, premier producteur de brut africain, le Mouvement d'émancipation du delta du Niger (MEND), principal groupe armé dans la région pétrolière du sud du pays, a mis le feu vendredi à un pétrolier à Port-Harcourt. Cette instabilité récurrente dans des zones fortement productrices de brut empêche un fonctionnement optimal des infrastructures pétrolières d'extraction et d'acheminement, amputant ainsi l'offre pétrolière.