A la veille de la semaine de la mobilité (16-22 septembre), l'Union professionnelle du transport par route (UPTR) (re) met ses exigences sur la table pour résoudre le problème des bouchons dont le coût économique affiche 154 millions d'euros en 2003 (dossier en Libre Entreprise). Sans déjà brandir la menace d'une grève, les dirigeants de la fédération patronale espèrent un vrai dialogue avec les autorités. Ses dirigeants, nous dit-on, rencontreront, lundi des experts du cabinet du ministre des Finances, Didier Reynders (MR) pour leur exposer leurs suggestions. «Il y a beaucoup de faillites dans le secteur, à cause surtout des problèmes de liquidité et de rentabilité. Pour soulager les entreprises (les salaires représentent 40pc des charges), nous proposons de réduire les charges patronales sur les heures improductives (avant 8h et après 17h)», indique Michaël Reul, directeur de l'UPTR. Elle souhaite que les entreprises employant du personnel roulant puissent bénéficier des mêmes avantages que ceux octroyés aux sociétés prestant sous le régime de travail en équipe (usines d'assemblage d'autos, etc.). Le fédéral a décidé en juillet de les dispenser de verser un montant de précompte équivalent à 5,63pc du salaire imposable. La mesure vient d'être élargie aux chercheurs d'universités et à la batellerie. La fédération (1800 adhérents sur 9000 entreprises de transport) demande aussi que les transporteurs jouissent de primes à l'investissement quand ils achètent les nouveaux «camions propres» (réduction des émissions d'hydrocarbures non brûlées et de particules fines).

Gestion cacophonique

L'UPTR veut aussi que le personnel des entreprises de transport et de logistique voient leurs charges sociales réduites durant les heures (de prestation) improductives. «Ainsi nos camions rouleront à des heures où les autres usagers ne seront pas sur la route, ce qui contribuera à réduire les embouteillages. Il faut élargir la mesure aux entreprises qui élargiraient leurs palettes horaires de chargement et de déchargement», dit-il.

D'après la fédération, la gestion politique de la mobilité rime avec cacophonie. Trop d'interlocuteurs institutionnels. «Au fédéral, il y a Renaat Landuyt (Mobilité) et Bruno Tuybens (SNCB); au gouvernement bruxellois, il faut compter avec Evelyne Huytebroeck (Environnement) et Pascal Smet (Mobilité); en Flandre, on a Kris Peeters (Infrastructures) et Kathleen Van Brempt (Mobilité); même chose en Wallonie avec Michel Daerden (Infrastructures) et André Antoine (Mobilité). Les initiatives du ministre fédéral sont bloquées par ses collègues régionaux, car il n'a aucun pouvoir en matière d'infrastructures. Les régionaux se neutralisent parfois pour des raisons politiques comme en Flandre entre Mme Van Brempt (SP.A) et M. Peeters (CD&V)», déplore-t-il. Il souhaite des pouvoirs élargis pour le ministre fédéral.

© La Libre Belgique 2006