Les quelque 400.000 travailleurs membres de la Commission paritaire nationale auxiliaire pour employés, ou CP 218, bénéficieront bien d'une indexation, de 0,03%, de leur salaire au 1er janvier 2015, selon le syndicat SETCa et la société de ressources humaines SD Worx.

Cette hausse infinitésimale est due à la faiblesse de l'inflation en 2014. Le saut d'index décidé par le gouvernement n'interviendra pas au 1er janvier car les dispositions légales nécessaires à sa mise en oeuvre n'ont pas encore été adoptées.

Le montant de 0,03% de l'indexation annuelle circulait depuis plusieurs semaines mais il est désormais définitif avec la publication des chiffres d'inflation pour le mois de décembre. Cela correspond, pour un salaire de 3.000 euros bruts, à 0,9 euro par mois.

Aux premiers janvier 2014 et 2015, l'indexation avait respectivement atteint 1,02 et 2,35%.

Dans certains secteurs, l'indexation appliquée au 1er janvier sera même négative. C'est le cas par exemple pour la Commission paritaire pour les employés occupés chez les notaires (-0,2%) ou celle des employés de la transformation du papier et du carton (-0,17%).

D'autres commissions paritaires appliquent des indexations automatiques mensuelles, bimensuelles ou trimestrielles.


Le PS ne veut pas de l'index

Le PS a appelé mardi le gouvernement fédéral à renoncer au saut d'index après la parution du rapport du Conseil Central de l'Economie (CCE) sur l'écart salarial entre la Belgique et les trois pays voisins. "Maintenir le saut d'index serait une provocation", estiment les socialistes francophones. Selon ce rapport, l'écart salarial accumulé depuis 1996 s'élève à 2,9% à la fin de l'année de 2014, soit une réduction si l'on compare au rapport précédent. Le PS y voit le fruit des mesures décidées par le gouvernement précédent (dirigé par Elio Di Rupo, ndlr). En tenant compte de ces mesures et des mesures annoncées par le nouveau gouvernement (comme le recyclage de la dispense de versement de précompte), cet écart devrait encore se réduire d'encore au moins 1%, sans compter les subsides salariaux accordés par les pouvoirs publics.

"En d'autres termes, la situation s'améliore sensiblement et l'heure n'est donc plus aux discours alarmistes", souligne le PS.

En se fondant sur les calculs du CCE, les socialistes affirment même qu'il est possible de combler complètement l'écart salarial résiduel sans saut d'index mais en demandant aux partenaires sociaux de négocier des augmentations de salaires suffisamment limitées dans les années 2015-2016.

Le Premier ministre Charles Michel a toutefois rappelé mardi que la décision du saut d'index était prise mais que la mesure serait, comme prévu, corrigée fiscalement et socialement.

Dans la majorité, l'Open Vld s'est réjoui de l'effet positif de l'action du gouvernement précédent et appelé à la poursuite des efforts. "Les chiffres démontrent que l'approche du gouvernement précédent, faite en concertation avec les partenaires sociaux, porte ses fruits. On a amélioré notre handicap par rapport aux autres pays et il faut continuer cet effort. On a fait un pas en avant et ce serait dommage de s'arrêter là. On voit que les mesures prises ont de l'effet. Il faut continuer, de manière graduelle, comme on le fait en Belgique", a expliqué le vice-Premier ministre, Alexander De Croo, lors de son arrivée au comité ministériel restreint.