Le climat social reste tendu à la Fnac Belgique. Confrontée à une chute de ses ventes de disques et à la concurrence grandissante de Media Markt, celle-ci a enregistré des pertes financières en 2004. Du coup, un «plan de relance» a été mis au point par la direction de la société, avec à la clé une trentaine de suppressions d'emplois et une révision à la baisse de la politique salariale. Mais le personnel ne l'entend pas de cette oreille et apprécie peu l'attitude très ferme d'Yves Lagier, le nouveau directeur français de la société. Vendredi dernier, une première rencontre entre la direction et les représentants syndicaux concernant ce plan s'est même tellement mal passée que la délégation syndicale en front commun a décidé de se rendre à Paris ce vendredi pour y rencontrer le directeur des ressources humaines de l'ensemble du groupe Fnac.

«C'est une action symbolique dans la mesure où nous pensons que c'est à Paris que se prennent les véritables décisions concernant l'avenir de Fnac Belgique», dit la déléguée Setca Irène Kaufer. «Au départ, nous souhaitions même rencontrer un responsable du groupe Pinault Printemps Redoute, dont la Fnac est une filiale, mais cela nous a été refusé».

La principale pierre d'achoppement concerne la grille des salaires. Les syndicats proposent un gel temporaire des salaires, comme c'est déjà le cas pour les cadres, mais la direction estime qu'il s'agit d'un problème structurel - les salaires sont 15 pc plus élevés à la Fnac que dans le secteur - et qu'une solution temporaire ne serait donc pas suffisante. «Contrairement à ce que pensent les représentants du personnel, nous sommes ouverts à la discussion sur les volets réductions d'effectifs et flexibilité prévus dans le plan de relance mais par contre, il est vrai que nous ne sommes pas disposés à négocier la révision en profondeur de notre politique salariale, qui nous paraît fondamentale pour la survie de la société», affirme Ann De Heyn, la porte-parole de Fnac Belgique.

Alors qu'une nouvelle rencontre n'a pas encore été fixée entre les parties, il semble donc qu'on se dirige vers un blocage. Et si la rencontre parisienne de ce vendredi n'apporte rien, les syndicats pourraient bel et bien appeler à la grève. La direction menace quant à elle à mots couverts. «Sans révision de la politique salariale, il n'y aura pas de nouveaux investissements en Belgique», prévient Ann De Heyn.

© La Libre Belgique 2005