Il y a maintenant deux ans que Grégoire de Streel et ses acolytes du temps du lancement de Skynet, puis de KeytradeBank, avaient lancé Tunz, le système de paiement par SMS. Où en est-on aujourd’hui ? Apparemment, ce système révolutionnaire voué à un bel avenir n’a pas encore séduit une majorité de particuliers en Belgique. On le saurait "En réalité, on en est toujours à quelque 4 000 clients particuliers, moyennement actifs, voire très peu actifs, en réalité", nous explique Grégoire de Streel. Mais le projet de porte-monnaie électronique n’en a pas été abandonné pour autant. "En effet, comme toute start-up, nous avons démarré sur un concept, avec des solutions déjà élaborées, mais aussi avec l’idée d’occuper le terrain." Les moyens financiers que nécessite le lancement d’un tel projet sont toutefois énormes, même pour notre petit marché, note encore Grégoire de Streel qui a décidé entre-temps de réorienter la stratégie de Tunz.

Technologies nouvelles

Tunz avait pourtant signé quelques beaux contrats de collaboration avec des partenaires susceptibles de tirer profit d’un système de micro-paiement rapide, comme le groupe de complexes de cinémas Kinepolis, ou encore la recharge de cartes GSM chez Carrefour Mobile. Mais la technologie évolue, et les systèmes imaginés par la petite équipe de six personnes ont été adaptés, forcément. Or, nous explique encore Grégoire de Streel, on devrait assister rapidement à l’intégration dans les GSM de puces RFID (Radio Frequency IDentification) microscopiques permettant le lancement de nouvelles applications de type NFC (Near Field Communications, communications rapprochées) avec des échanges basés sur une identité encryptée, via des bornes interactives.

Recherche, développement

Et Tunz travaille sur de telles applications ? "Oui, pendant un an et demi, nous avons essentiellement porté nos efforts sur la recherche et développement." Et l’opérationnel ? Sur ce point, Grégoire de Streel veut rester plus discret. "Des contacts sont toujours en cours sur les possibilités d’applications et avec des clients potentiels", se contente-t-il d’assurer sans vouloir aller plus loin. Des contacts en Belgique ? Pas de réponse. Il faut savoir que l’ancien banquier à succès, qui a quitté KeytradeBank après en avoir assuré la pérennité (aux côtés des frères José et Jean-Guillaume Zurstrassen) n’a pas tiré sa révérence en tant que financier. Au contraire, après avoir décroché la licence permettant d’opérer les transactions financières en Belgique pour Tunz il y a deux ans, il vient de décrocher la licence lui permettant d’émettre la monnaie électronique au niveau européen, et a introduit des demandes spécifiques visant les pays limitrophes de la Belgique. C’est là, sans doute que l’entreprise voit son avenir. Et dans l’environnement des particuliers ? "Pas dans un premier temps. Notre premier essai en la matière a été plus difficile que prévu. Nous allons donc nous concentrer sur la demande de paiements sans contacts émanant de grands ensembles. De grosses sociétés manifestent un besoin pour ce type d’opérations." Et cela, en attendant que l’effet "viral" espéré au moment du lancement de Tunz il y a deux ans se déclenche enfin. Le site Tunz.com reste accessible, et propose toujours le téléchargement d’applications dédiées pour les GSM.