Après le SLFP et la CSC, la CGSP réagit à son tour au plan de BPost qui ne veut plus distribuer le courrier non-Prior que deux fois par semaine. 

Toutefois, l'annonce faite ce mardi matin par le CEO de Bpost Koen Van Gerven n'est pas totalement une surprise pour les syndicats. L'entreprise avait déjà mis en avant cette idée l'année dernière, notamment lors de la réintroduction du système des timbres Prior et non-Prior. Après la réaction du SLFP qui s’interrogeait sur les modalités pratiques, les représentants de la CGSP disent se poser "1001 questions".

"Le fait qu'il y a moins de courrier à distribuer est une réalité économique", concède Jean-Pierre Nyns, du SLFP. "Et l'entreprise postale a déjà prouvé dans le passé qu'elle pouvait faire face à de nouveaux défis." Mais M. Nyns s'interroge sur la manière dont la mesure sera mise en oeuvre. "Il est à craindre que nous ne pourrons plus servir le client comme il le souhaite. Comment pouvons-nous organiser tout cela si nous ne nous rendons plus chez lui que deux fois par semaine?" L'interrogation du syndicaliste porte principalement sur la livraison des colis. "Pour ce faire, nous servons toutes les boîtes aux lettres du pays. Nous le faisons déjà et nous pouvons développer cela davantage."

"Il nous reste mille et une questions"

Du côté de la CGSP, Marc De Mulder se demande également comment la tournée du courrier non-Prior sera organisée, dans la mesure où les journaux, le courrier Prior et les colis continueront à être distribués quotidiennement. "Il est nécessaire de faire en sorte que les colis soient correctement distribués en temps et en heure. Pour ce faire, le syndicaliste plaide pour un prix correct, "la livraison gratuite n'existe pas", avec une compensation. "Avec des prix justes, nous pouvons continuer à livrer tous les jours. Bpost doit encore mieux coordonner les colis et la distribution du courrier." De son côté, Annick Boon, de la CSC-Transcom, a critiqué le fait que les travailleurs ont appris la nouvelle par la presse, alors qu'ils ne connaissent pas encore ce qu'implique ce changement et n'ont reçu aucune information concrète à ce sujet. "Aucun réponse concrète n'a été donnée", déplore la représentante du syndicat chrétien. "La confiance est à nouveau brisée. La méfiance et l'inquiétude sont à nouveau importantes." Une réunion entre les syndicats et la direction est prévue la semaine prochaine.

Ecolo rappelle l'importance du passage quotidien du facteur

Du côté politique cette fois, les écologistes estiment que cette annonce fait à nouveau craindre qu'une pression maximale va être exercée par BPost sur les travailleurs. Une "pression" qui pourrait, à terme, modifier l'obligation de passage quotidien du facteur (5 jours par semaine) sur tout le territoire belge, telle que notifiée dans l'actuel contrat de gestion de Bpost qui court jusqu'au 31 décembre 2023.

Comme le rappelle le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre, "nous nous sommes battus, au cours de la dernière législature, pour maintenir cette obligation de passage quotidien du facteur dans le contrat de gestion car c'est la garantie d'un service postal de qualité envers l'ensemble des habitants pays, quel que soit l'endroit où ils habitent." "En d'autres mots, cette obligation permet d'éviter qu'un service de distribution à deux vitesses ne se développe en Belgique, qui ferait une différenciation entre les zones urbaines et les zones rurales, où le facteur passerait moins souvent. Une telle différenciation est, à nos yeux, inacceptable", poursuit Gilles Vanden Burre.

Pour Ecolo, la baisse structurelle du courrier papier (- 9,2% au premier trimestre 2019) est par ailleurs une réalité à laquelle il faut répondre. "Nous avons formulé des propositions quant à l'élargissement des missions à confier aux facteurs (aide aux CPAS, services urbanistiques, etc.) , afin de justifier un passage quotidien, mais qui n'ont malheureusement pas été suivies par le gouvernement MR-NVA. L'un des enjeux cruciaux de la législature qui s'ouvre sera donc de maintenir ce passage quotidien du facteur au sein du prochain contrat de gestion, à partir de 2024, en vue de garantir un service postal public de qualité pour l'ensemble de nos concitoyens ", conclut Gilles Vanden Burre.