Selon les chiffres des réservations cumulées au 31 octobre enregistrées par l'Association belge des tour-opérateurs (ABTO), celles-ci seraient en baisse de 7,2pc. D'après l'ABTO, cette baisse serait due au prix élevé du carburant et à un «climat économique moins favorable». «On note un ralentissement dans la prise de décision de voyage même si beaucoup de clients s'informent», déclarait mercredi Bart Brackx, CEO de Jetair. Pratiquement, les clients préfèrent payer d'abord leur facture de mazout avant de s'engager dans des frais de vacances qui ne sont pas les plus importantes de l'année. «Les gens qui réservent optent pour des produits plus haut de gamme qui souffrent beaucoup moins que les produits bon marché», ajoutait Bart Brackx.

La baisse affecte aussi bien les déplacements en avion (-7,4pc) avec, surtout, une chute de 29pc des réservations vers l'Egypte (effet «retard» des attentats de Charm el-Cheikh en juillet); que les vacances en voiture (-7,4pc) avec des sports d'hiver en régression (-8,9pc).

Ces chiffres ne concernent que les deux premiers mois de réservation, insistait encore Bart Brackx. De plus, ils font suite à un hiver 2004-2005 à succès (avec un bond de 12,7pc). De son côté, Hans Swinnen, CEO de Thomas Cook, nuançait également, indiquant qu'en ce qui concerne les sports d'hiver, l'an dernier, la seconde semaine du congé de Noël tombait en basse saison (moins chère et donc attrayante) et les vacances de Pâques, en période d'hiver. En outre, pour ce qui est des vacances en avion, c'est, disait-il, plutôt un statu quo du marché si l'on excepte l'Egypte (qui était la deuxième destination hiver en 2004). Hans Swinnen voit cet hiver comme «une saison de transition» alors que les réservations pour l'été prochain, qui sont actuellement le fait des groupes, suivent bien.

Ceci dit, en coulisses, certains T.-O. sont nettement moins optimistes, parlant de mauvaises réservations en octobre et encore plus mauvaises en novembre.

Cet hiver qui s'annonce plus difficile fait suite à un été en hausse de 1,9pc avec 2,135 millions de vacances (fin avril, les professionnels attendaient une hausse de 5pc...) et à une année (novembre 2004-octobre 2005) en croissance de 4,3pc avec 2,84 millions de vacances (+2,8pc en 2003-2004), hors city-trips (331568, +10pc), vols «secs» et croisières.

L'Europe perd du terrain

Pour l'été dernier, l'ABTO - qui représente 90pc des voyages organisés (chiffre d'affaires cumulé: 1,6 milliard d'euros), sachant que les voyages organisés représentent, eux, 28,8pc du marché des voyages - pointe la position

«toujours plus menacée» des leaders que sont l'Espagne et de la France, la première maintenant sa première place tandis que la seconde se fait dépasser par la Turquie. Les destinations européennes perdent du terrain au profit de la Turquie mais aussi du Maroc, de la Tunisie ou de l'Egypte, les voyageurs privilégiant le tout compris et les bons rapports qualité-prix.

Sur l'année, «la France vole le leadership à l'Espagne», le court et le moyen-courrier sont en hausse, le long-courrier en baisse (prix du kérosène, effet tsunami en Asie et ouragans aux Caraïbes). Enfin, dans les city-trips, Paris est devant Londres (attentats de l'été...) et Barcelone qui, pour la première fois, a dépassé Londres cet été.

© La Libre Belgique 2005