Alors que la Belgique enregistre un des plus hauts pourcentages de connexions «large bande », le prix de ces connexions reste très élevé par rapport à 7 autres pays européens, révèle une enquête comparative réalisée par Test-Achats.

«Même les connexions classiques par ligne téléphonique sont chères en Belgique et ne sont pas proposées sous forme de forfaits meilleur marché, contrairement aux autres pays », a expliqué mardi l'association de défense des consommateurs.

Fin 2004, plus de 2 millions de connexions internet avaient été enregistrées en Belgique, dont près de 80 pc de connexions «large bande » (ADSL et câble), le plus haut pourcentage des 8 pays européens étudiés (Pays-Bas, Portugal, Espagne, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie et Belgique).

Belgacom Skynet reste le «leader incontesté pour l'ADSL, avec 82 pc du marché », tandis que Telenet représente 83 pc du marché du câble, a rappelé mardi Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats.

Selon l'étude, le marché des connexions large bande est «cher et de qualité moyenne » en Belgique. Test-Achats a ainsi comparé, pour chaque pays, les tarifs pratiqués, pour l'ADSL et le câble, par l'opérateur historique et par l'opérateur le moins cher. Trois profils d'utilisation d'internet ont été retenus (légère, normale et intensive).

«Pour un profil 'light', les abonnements de Belgacom et de Telenet sont deux fois plus chers que l'abonnement le plus avantageux », soit le français, note Test-Achats. Pour une utilisation normale, les opérateurs belges sont également deux fois plus chers, voire trois fois plus cher pour Telenet, que l'abonnement le plus avantageux proposé en France par Neuf Telecom-Cegetel.

«Pour un coût réel de 14,90 euros à charge de l'utilisateur français, le consommateur belge client chez Brutele paie 30 euros. Chez Belgacom Skynet, il paie 39,95 euros et chez Telenet, il paie 44,45 euros », ajoute Vincent Labarre, responsable de l'étude.

Enfin, pour un profil d'utilisation intensive, les abonnements belges étudiés sont «3 à 4 fois plus chers que la formule française la moins chère ».

Sur le marché des connexions par ligne téléphonique (dial-up), l'opérateur historique belge, Belgacom, termine toujours en queue du classement, parmi les opérateurs les plus chers des 8 pays étudiés, avec des tarifs de 3 à 4 fois plus chers que les tarifs les plus avantageux dans les autres pays.

«Pour les connexions par ligne téléphonique, certains fournisseurs d'accès à l'étranger proposent des formules forfaitaires. Rien de tel en Belgique, où les fournisseurs d'accès appliquent une facturation par minute. Ce système revient plus cher », regrette Test-Achats.

Pour enrayer ce constat, l'association propose diverses pistes de réflexion. Outre une plus grande flexibilité dans les tarifs et un meilleur choix pour le consommateur, Test-Achats préconise une réforme du régulateur de l'IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications), qui est «trop faible et peu transparent ».

Selon l'association, il faut «exiger une réduction substantielle du prix du dial-up via l'offre de forfaits et prendre des mesures pour améliorer la concurrence sur la large bande », en réduisant le prix de l'accès au débouclage total et en obligeant Telenet à ouvrir son réseau câble à des concurrents.

Pour aider les consommateurs à faire un choix parmi les différentes offres, Test-Achats a par ailleurs installé sur son site internet un module de calcul interactif, qui sera ouvert à tous juqu'au 14 juin prochain.