La détermination des travailleurs de l'usine Volkswagen de Forest à poursuivre le mouvement de grève a du plomb dans l'aile, en particulier du côté de la CSC, où de plus en plus de voix appellent à une reprise du travail. Leurs collègues du syndicat socialiste se disent par contre toujours prêts à rester les bras croisés.

Depuis ce lundi, les quelque 5.400 travailleurs de VW Forest ne perçoivent plus de salaire, comme l'avait fait savoir la direction à la fin de la semaine dernière. Le personnel syndiqué (90 pc des travailleurs à Forest) ne reçoit donc plus que l'indemnité de grève prévue par les syndicats, soit quelque 25 euros par jour.

Cette perte de salaire incite dès lors certaines voix à en appeler à une reprise du travail, a indiqué Pascal Van Cauwenberge, délégué CSC. Selon lui, la proximité des fêtes de fin d'année et les contraintes budgétaires qu'elles entraînent dans les ménages ne seraient pas étrangères à ce revirement.

"Mais ce n'est que lorsque nous aurons des garanties concrètes et officielles sur l'avenir que nous pourrons envisager une reprise du travail", a-t-il ajouté.

Les syndicats attendent du conseil d'entreprise de ce lundi des informations officielles sur l'avenir de leur usine, a encore dit Pascal Van Cauwenberge.

"L'Audi A1 viendra-t-elle (à Forest), pourrons-nous encore produire la Golf et pendant combien de temps, combien de personnes perdront réellement leur emploi? Nous voulons avant tout une réponse à toutes ces questions. Nous pourrons alors, peut-être, combiner provisoirement travail et grève, comme cela s'est fait à l'usine Ford de Genk", a-t-il encore dit.

La détermination des militants syndicaux socialistes reste par contre très grande, a indiqué de son côté Jan Vanderpoorten (FGTB). "Rien de plus normal, puisqu'officiellement nous ne savons toujours rien", a-t-il dit.

"Dans un premier temps, 4.000 emplois devaient disparaître, avant qu'on ne parle plus 'que' de 2.200. La direction continue entre-temps de dire que rien n'est sûr. Nous voulons désormais entendre du concret de la part de la direction locale. Ce n'est qu'après avoir reçu des garanties en béton que nous pourrons envisager une reprise du travail", a-t-il ajouté.