Thierry Leclipteux, directeur scientifique chez Coris BioConcept, témoigne. Son entreprise est spécialisée dans les diagnostics rapides. En quête de soutiens dans ses activités de recherche, on lui conseilla de s'inscrire dans le programme-cadre européen de R & D, le principal outil communautaire d'aide à l'innovation dans l'Union : "Nous n'étions pas chauds au départ, vu l'aura de mystère planant sur les projets européens, la vision cauchemardesque des procédures administratives et du nombre de partenaires"...

C'est pour ce genre de situations que l'Union wallonne des entreprises (UWE), à la demande du gouvernement régional, a créé une cellule d'information et d'accompagnement (NCP, pour National Contact Point) à ceux qui souhaitent s'inscrire dans des programmes européens (PCRD). Précisément, rien n'étant simple, il y a, depuis 2002, un NCP-Région localisé à l'UWE pour les entreprises et les centres de recherche; et, depuis 2006, un NCP-Communauté localisé au FNRS pour les universités. Région et Communauté aident ici à l'information et à divers soutiens financiers. Bref, une fois n'est pas coutume, c'est un double cocorico que lance l'UWE. D'abord parce que la participation des entreprises wallonnes aux PCRD est en hausse; ensuite parce que le NCP, qui n'est pas un passage obligé mais conseillé, n'y est pas pour rien. "Cessons de nous demander si la Wallonie va mal ou très mal. On démontre ici, sur un sujet emblématique, que la Wallonie peut aller mieux", foi d'Eric Domb, le président de l'UWE.

Les chiffres valent pour le 6e PCRD, sur 2002-2006. La participation wallonne s'est située à 26 pc du total belge (soit 44 pc de plus qu'au programme précédent). Nonante-deux entreprises wallonnes sont actives dans des projets européens (contre 35 précédemment). Les Wallons ont participé au dépôt de 1236 projets, dont 324 ont été sélectionnés pour financement par la Commission européenne (soit 25 pc de projets retenus, davantage que la moyenne européenne à 22 pc - et encore, 20 autres pc ont été bien notés mais recalés pour des raisons uniquement budgétaires).

Parmi d'autres projets financés (un total de 69 millions versés par l'Europe aux acteurs wallons, sur 300 millions à la Belgique), on trouve ceux de la susdite Coris, de Gembloux, dans des développements de tests de diagnostic de maladies nosocomiales (en milieu hospitalier) et de la maladie du sommeil (en Afrique). Autres exemples : Pepite, de Liège, active dans les logiciels, planche sur des possibilités d'utiliser les satellites de navigation dans l'exploitation des réseaux d'électricité; EHP, de Nivelles, active dans les technologies spatiales, planche sur des systèmes de refroidissement de l'électronique aux sièges d'avions. Evidemment, projet financé n'est pas (encore) recherche aboutie, validée, commercialisée... Mais le taux des projets retenus est tel, plaide M. Domb, que "l'on peut raisonnablement être confiant" sur le coefficient recherche/retombées. Quant à la ministre (CDH) de la Recherche, Marie-Dominique Simonet, elle aligne bien des raisons à participer au nouveau PCRD, cru 2007-2013 : atteindre des masses critiques, éviter les doublons, rendre visibles les projets excellents, s'intégrer à des réseaux internationaux, trouver de gros soutiens financiers.

Le guide pour le 7e PCRD est disponible sur Web www.ncpwallonie.be