Le premier ministre Yves Leterme a réagi sèchement aux critiques et démarches judiciaires entreprises par les actionnaires de Fortis, laissant entendre que l'Etat pourrait retirer ses billes si l'issue de la procédure intentée débouche sur une annulation de l'opération. "Fortis était à deux millimètres de la banqueroute. Si les actionnaires veulent en revenir à cette situation, ils devront résoudre le problème eux-mêmes", a-t-il déclaré dans une interview parue samedi dans le quotidien flamand "Het Laatste Nieuws".

La vente de Fortis à la banque BNP Paribas est illégale, parce qu'une telle décision revient aux actionnaires, a estimé le ministère public dans le cade de l'examen du recours d'une série d'actionnaires contre la décision prise dans la foulée d'un accord conclu par le gouvernement avec les Français.

Pour Yves Leterme, si le tribunal déclare la vente illégale, "l'Etat retirera son apport financier et ce sera une bonne nouvelle pour le budget". "Si nous n'avions rien fait, la valeur de l'action de Fortis ne vaudrait aujourd'hui plus un centime", a commenté Yves Leterme. A ses yeux, "les actionnaires de Fortis qui se plaignent maintenant, oublient un peu trop vite qu'ils portent aussi une responsabilité dans la genèse des événements. Ils font partie de l'assemblée générale qui a approuvé à 98 pc la reprise de la banque néerlandaise ABN. Lorsque tout cela sera passé, nous devrons réfléchir à la position et au pouvoir des petits actionnaires", a encore dit le Premier ministre.