Le nom du repreneur choisi par ArcelorMittal pour racheter les quatre usines liégeoises (les lignes de galvanisation 4 et 5 à Flémalle, le site de Ferblatil à Tilleur, une décaperie) et le site luxembourgeois que la Commission européenne l’oblige à revendre pour rester en conformité avec les règles européennes en matière de concurrence est connu. Il s'agit de Liberty House.

Les syndicats locaux en ont été informés ce vendredi matin lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire.

Le syndicat luxembourgeois LCGB déplore le choix fait par ArcelorMittal de vendre à Liberty House. Le LCGB dénonce le fait qu'il s'agit d'un fonds financier, et non un acteur industriel.

A la sortie du conseil d'entreprise extraordinaire (CEE), les syndicats liégeois ont fait savoir qu'ils ne souhaitaient pas commenter l'annonce, préférant attendre d'avoir rencontré des représentants de Liberty House. L'on sait toutefois que la direction liégeoise d'ArcelorMittal ne s'est pas montrée très loquace, face aux questions des représentants du personnel.

Un nouveau CEE sera organisé à Liège lundi et, sans doute mardi ou mercredi, on peut s'attendre à une réunion entre les syndicats et une délégation de Liberty House. Les organisations syndicales liégeoises vont prendre contact avec leurs homologues luxembourgeoises et elles veulent également rencontrer le ministre wallon de l'Economie.

Le 12 octobre, ArcelorMittal avait demandé un report d'annonce pour les sites liégeois et luxembourgeois alors que ses autres sites européens avaient déjà été repris par le fonds financier.

Pour rappel, le groupe allemand Salzgitter était lui aussi candidat repreneur déclaré, tout comme NLMK Belgique et le suédois SSAB.

Environ 1000 emplois

Avec les 700 personnes qui travaillent pour ArcelorMittal à Flémalle et Tilleur, près de Liège, et 300 à Dudelange, au Luxembourg, il y a environ 1000 personnes qui sont concernées par ces rachats.

"Les trois usines fournissent les marchés de la construction, de l’industrie et de l’automobile grâce à une capacité de production annuelle combinée de 2,1 millions de tonnes d’acier profilé à froid, 2 millions de tonnes d’acier galvanisé et 200 000 tonnes d’acier étamé" peut-on encore lire dans un communiqué de Liberty House envoyé ce vendredi matin.

À propos des usines en Belgique et au Luxembourg, le président du groupe Sanjeev Gupta, a déclaré : "Ce sont des atouts décisifs de grande qualité avec des mains d’œuvres qualifiées et expérimentées que nous sommes ravis d’accueillir dans l’alliance mondiale GFG. Notre but sera de développer d’étroites relations avec les gouvernements respectifs, les syndicats et les autres acteurs locaux en Belgique et au Luxembourg afin d’optimiser et d’améliorer la valeur des actifs historiques qui sont importants pour les économies nationales et régionales."

Ce commentaire peut laisser entendre que Liberty House, comme il en a l'habitude lors de rachat d'usines (lire à ce sujet notre portrait de l'entreprise, en lien ci-dessous) demandera aux gouvernements wallons et luxembourgeois, des aides publiques.

Lire aussi: "Liberty House, un groupe à l'expansion fulgurante mais à la finance fragile".