L’objectif est de soutenir et de promouvoir le concept de "ville intelligente".

Un Smart City Institute (SMI) est inauguré aujourd’hui à Liège et plus précisément à HEC-ULg. Cet institut universitaire va s’attacher à développer le concept de "ville intelligente". Sa spécificité est qu’il est ancré dans une école de gestion. "Nous avons identifié dans le monde une vingtaine d’instituts académiques sur les smart cities mais ils sont tous attachés à des facultés d’ingénieurs et concentrent leurs travaux sur les aspects technologiques et urbanistiques du concept", précise Nathalie Crutzen, la directrice du SMI.

Un objectif de développement durable

Mais que recouvre le domaine des "villes intelligentes" ? En fait, trois piliers liés au développement durable en milieu urbain : la prospérité économique, le bien-être social et la protection de l’environnement, en utilisant les nouvelles technologies comme moyen ou facilitateur pour atteindre ces objectifs. En Belgique francophone, on commence doucement à souscrire à ce concept. Liège souhaitait en être, dans la perspective d’une croissance démographique importante, de ressources financières publiques limitées et de nombreux défis liés à la mobilité, à la gestion des déchets, aux économies d’énergie ou à la créativité entrepreneuriale. "Liège a posé les premiers ja l ons d’une stratégie "intelligente" en 2010 et l’a intensifiée avec la candidature à l’organisation de l’Expo internationale 2017 et son thème de la connexion humaine et technologique. Nous avons notamment déjà installé du wi-fi urbain et créé une application "Liège" pour smartphones. Des entreprises liégeoises comme EVS et le Pôle Image participent à cette dynamique, sans compter l’arrivée du tram, prévue en 2018", souligne Jean-Christophe Peterkenne, le directeur Stratégie et Développement de la Ville. "C’est mon credo pour les années qui me resteront à passer à la tête de la ville : vivre mieux avec moins d’argent, grâce à l’imagination, aux nouvelles technologies. Au sein de l’Institut, on dénichera peut-être celui ou ceux qui mettront en place la nouvelle filière qui nous rendra très riche", déclare Willy Demeyer, le bourgmestre de Liège (PS).

Le SCI est le fruit d’une collaboration entre partenaires publics, la Ville et l’Université de Liège, et privés avec Belfius et la société de consultance Accenture, déjà titulaire d’une chaire en développement durable à HEC-ULg et qui a initié un séminaire sur le sujet auquel doivent participer les étudiants de dernière année. Ils doivent en équipe plancher sur une étude de cas dont Liège est le sujet. Accenture a aussi mis sur pied un City Lab, une couveuse de projets d’étudiants issus du séminaire afin qu’ils puissent être développés et concrétisés sur le territoire communal. La couveuse est désormais cooptée dans le SCI, tout comme le séminaire, et on envisage d’y inclure des projets de PME et non-liégeois.

Baromètre des villes intelligentes

Il s’agit là des volets "enseignement" et "entrepreneuriat" du SCI mais il va développer ses activités sur un autre axe. "La recherche, fondamentale et appliquée, avec un pool de chercheurs liégeois et internationaux multidisciplinaires, dont les sciences de gestion pour étudier de nouveaux business models. Ils préparent un baromètre annuel des villes intelligentes qui sortira à la fin de l’année", explique Nathalie Crutzen. Dans un premier temps, le SCI focalisera son attention sur Liège mais la volonté est de s’ouvrir au national et à l’international.

La Ville croit beaucoup aux retombées économiques d’une telle initiative. "Si on a un écosystème qui supporte l’émergence d’idées novatrices, c’est un facteur d’attractivité pour les entreprises. C’est aussi un message aux jeunes Liégeois à qui l’on dit qu’ils peuvent développer leurs projets ici. Et puis les projets "intelligents" permettent de réaliser des économies d’énergie et des économies tout court", signale Jean-Christophe Peterkenne.