Lippens : "Je suis au service de Fortis"

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ARIANE VAN CALOEN

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Lippens : "Je suis au service de Fortis"
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Maurice Lippens avait un ton grave quand il a pris la parole lors la première séance d'information organisée hier en fin d'après-midi à Amsterdam par le groupe belgo-néerlandais. "Je vous demande de nous faire confiance et de nous soutenir dans les circonstances actuellement difficiles" , a-t-il lancé à plusieurs reprises aux 188 actionnaires présents lundi.

Mais jamais, pendant les près de trois heures qu'a duré la séance, il ne s'est montré déstabilisé par les questions posées du reste parfois avec dépit (vu la déroute boursière du titre) mais rarement avec hargne par les actionnaires. Le médiateur avait, il est vrai, désamorcé la bombe en posant la question la plus délicate en ce qui concerne Maurice Lippens. Pourquoi était-il toujours président ? Ce dernier a rappelé que le conseil d'administration du 11 juillet lui avait demandé à l'unanimité de rester en place "pour l'intérêt de la société". "Dans les circonstances difficiles, il faut de la stabilité et de la continuité", a-t-il expliqué. Il a aussi souligné qu'il avait toujours considéré être "au service de Fortis". "Partir et dire aux collègues et aux actionnaires de tirer leur plan, je ne pense pas pouvoir faire cela", a-t-il ajouté. Il a aussi tenu à faire taire les critiques selon lesquelles il tirait toutes les ficelles et qu'il était donc un président "exécutif", rappelant que c'était le management qui prenait des décisions majeures (avalisées ensuite par le conseil d'administration), comme le rachat d'ABN Amro ou le rachat de Disbank en Turquie.

Le médiateur a aussi interrogé Maurice Lippens et le CEO ad interim Herman Verwilst sur le départ de Jean-Paul Votron. "Les réactions souvent émotionnelles des actionnaires, de la presse et de groupes de pression laissaient peu de marge de manoeuvre à Jean-Paul Votron. La décision de mettre un terme à son mandat a été prise en accord avec M. Votron", a expliqué M. Lippens.

Les questions des actionnaires (posées notamment par un représentant de l'association néerlandaise VEB) ont surtout porté sur la décision de ne pas distribuer de dividendes en cash pour l'exercice 2008, sur l'opération controversée de refinancement de 8,5 milliards d'euros décidée fin juin et sur la politique de gouvernance (y compris sur la rémunération du top management). Maurice Lippens a reconnu qu'il avait juré "on my dead body" quelque temps avant l'assemblée d'avril - et avant que la situation se dégrade sur les marchés - que jamais il ne renoncerait au dividende. "Je n'aurais pas dû le dire. C'était trompeur. Je le regrette." Mais il pense que la décision de la distribution d'un dividende en actions (et non en cash) était nécessaire pour assurer la stabilité à long terme de l'entreprise. Et il a dit qu'il allait tout faire pour revenir à une politique de dividende après 2009.

Tant Herman Verwilst que Maurice Lippens ont aussi tenté de rassurer les actionnaires en leur affirmant que le groupe était en bonne santé, une augmentation de capital n'étant pas nécessaire dans les circonstances actuelles. Maurice Lippens a une fois de plus dit être "persuadé" que la stratégie suivie était la bonne pour autant qu'elle soit bien exécutée.

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