De longues files d’attente se sont formées samedi devant une soixantaine de boutiques de chaussures Brantano, en cours de liquidation. Les curateurs n’ont mené aucune consultation pour organiser l’action de manière sûre, pointent les syndicats. "Si le personnel est débordé, il ne faut pas hésiter à fermer temporairement le magasin", déclare Sven De Scheemaeker, du syndicat chrétien ACV Puls/CNE.

En plus des curateurs, le syndicaliste pointe la maison de ventes aux enchères Moyersoen, qui a organisé la liquidation et pris contact avec d’anciens travailleurs de Brantano pour savoir s’ils étaient prêts à revenir pour la liquidation.

Ce manque de consultation, "qui touche aussi les négociations de rachat en cours", pousse les syndicats à entamer une action devant le tribunal de l’entreprise. "Nous voulons consulter les juges-commissaires qui devront approuver la reprise avant qu’une décision ne soit prise", affirme Sven De Scheemaeker.

"Cette intervention sera accompagnée d’une lettre ouverte du personnel, qui exprimera aussi son mécontentement."

"Nous avons échangé quelques mails au sujet de la liquidation vendredi, mais c’était beaucoup trop tard", signale-t-il. "Cela aurait dû se faire plus tôt. Nous aurions pu prévenir qu’une liquidation, surtout avec des remises de 75 %, réveille des instincts de prédation chez les consommateurs. Il faut d’autant plus en tenir compte pendant cette période de coronavirus."

Pour le syndicaliste, ce nouvel épisode est "une cerise aigre sur un gâteau insipide".

La rémunération du personnel pour la liquidation suscite encore plus d’inquiétude. "Le salaire sera versé par un fonds de l’Onem", souligne M. De Scheemaeker. "Les travailleurs seront rémunérés comme intérimaires pour cette vente."

Le syndicaliste plaide pour que soit examiné de plus près le projet de reprise de la chaîne Ziengs Retail (ZiRe), entreprise active aux Pays-Bas et maison-mère des magasins de chaussures Ziengs Schoenen et Scapinodes. La société a pourtant annoncé en début de semaine ne plus être candidate au rachat de la chaîne belge.

ACV Puls espère malgré tout un revirement. "Les curateurs ont fait une bourde. Pour des raisons inconnues, la proposition n’a jamais été correctement examinée alors qu’elle aurait été bien meilleure pour l’emploi", dénonce-t-il.

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