Little Guest est la première collection d’hôtels haut de gamme dédiée aux familles avec enfants.

Le travail est quelque peu chamboulé pour Jerome Stefanski, le fondateur de Little Guest. Coronavirus oblige, cette "agence de voyages améliorée" est touchée de plein fouet par la crise sanitaire qui touche le monde entier et, particulièrement l’Europe.

"En tant que start-up digitale nous avons pu mettre en place facilement le télétravail pour les 25 collaborateurs", explique le jeune entrepreneur. Mais l’impact du coronavirus va se faire sentir sur les réservations puisque les vacances sont des déplacements qualifiés de non nécessaires actuellement. "70 % de nos hôtels sont situés en Europe. Le bassin méditerranéen, particulièrement touché par le virus, représente la majorité de nos ventes."

Qu’importe finalement, "dans les moments de crise, il faut savoir retirer le positif", et dans ce cas-ci, il s’agit de la levée de fonds clôturée "au bon moment" puisque 1,2 million d’euros ont pu être récoltés en février dernier afin d’accélérer la croissance et soutenir un développement international.

Deuxième levée de fonds

Parmi les nouveaux actionnaires, on retrouve le fonds d’investissement LeanSquare, spécialisé dans les jeunes pousses digitales, ainsi que des acteurs spécialisés dans l’hôtellerie de luxe et les marques pour enfants.

Il s’agit de la deuxième levée de fonds organisée par la start-up bruxelloise. 500 000 euros avaient déjà été levés en 2018 pour valider le business model et déployer la stratégie d’acquisition clients. Le résultat a été sans appel puisque la start-up a bouclé l’année 2019 en multipliant son chiffre d’affaires par cinq pour atteindre 3 millions d’euros de ventes, générées en intégralité via Internet.

Les familles émettent des souhaits de voyage sur la plateforme et sont ensuite recontactées par un travel designer qui finalise "3000 demandes de réservations chaque mois", généralement pour des familles françaises qui représentent 60 % des clients, suivies des Suisses et des Belges.

"Notre business model est double , explique le fondateur. Nous chargeons un fee marketing annuel aux hôtels affiliés à notre plateforme et ces établissements nous rétrocèdent une commission sur chaque réservation que nous générons pour eux."

Little Guest compte 190 hôtels labellisés situés aux quatre coins du monde, dont la particularité est de compiler "deux demandes a priori contradictoires, à savoir le luxe pour les parents et l’amusement pour les enfants", explique Jerome Stefanski, qui a toujours aimé voyager. "Mon fils Achille a été une grande source d’inspiration dans la création de ce projet, sourit le jeune papa. C’est en voyageant avec lui que j’ai pris conscience du manque d’offres de ce type de vacances."

Le fondateur de Little Guest n’identifie d’ailleurs "aucune concurrence directe". Cependant, les partenaires eux-mêmes sont en quelque sorte des concurrents. "Les clients peuvent tout à fait réserver leurs vacances sans passer par notre plateforme, directement sur le site de l’hôtel, analyse-t-il. C’est pourquoi il est important de garantir des services personnalisés." Meilleurs prix du marché, conseils personnalisés et avantages exclusifs, cadeaux aux enfants… "Rien n’est laissé au hasard."

Alors que Little Guest tablait sur un chiffre d’affaires de 6 à 8 millions d’euros pour l’année 2020, les prévisions ont dû fatalement être revues à la baisse mais sans que ça n’ait d’impact sur le prochain objectif qui sera d’automatiser le processus de réservation en ligne, "sans l’intervention d’un travel designer donc".

Une autre perspective, sûrement plus complexe en cette période, est d’intensifier les efforts marketing sur le marché britannique et de pénétrer de nouveaux marchés porteurs comme l’Allemagne et la Russie.