Le marché de l'assurance Lloyd's of London a promis de cesser de couvrir les secteurs très polluants du charbon et des sables bitumineux d'ici 2030. Il s'engage à changer sa culture d'entreprise et à être plus respectueux de l'environnement.

L'assureur, l'une des institutions les plus anciennes de la City de Londres, avec des origines remontant au XVIIe siècle, dévoile une série de mesures dans son premier rapport sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance, selon un communiqué publié ce jeudi.

En vigueur dès 2022

Lloyd's of London va exiger de ses agents d'assurance de ne plus proposer de nouvelles couvertures pour les centrales électriques tournant au charbon, les mines de charbon, les sables bitumineux ou les explorations dans l'Arctique à partir du 1er janvier 2022. L'objectif est de sortir complètement de ces marchés en 2030, afin de laisser le temps aux entreprises concernées, à savoir celles qui tirent au moins 30% de leur chiffre d'affaires de ces secteurs, de s'adapter à la transition énergétique.

L'assureur a agi sous la pression des mouvements écologistes qui s'inquiètent du retard pris par la finance dans la lutte contre le changement climatique.

Lloyd's of London a été montré du doigt début décembre par "Insure Our Future", campagne collective d'ONG qui demande aux assureurs de cesser d'assurer les projets liés aux énergies polluantes dont le charbon, le gaz et le pétrole.

Ce collectif a qualifié les annonces du jour de "pas dans la bonne direction", selon Lindsay Keenan, coordinateur du mouvement pour l'Europe. "Toutefois, la mesure devrait être effective maintenant, pas en 2022" et la date-limite de 2030 "n'a pas de justification scientifique", prévient-il.

Lloyd's n'a pas évoqué de projets en particulier mais "Insure our Future" s'inquiète notamment de la mine de charbon Carmichael en Australie et de l'extension de l'oléoduc transportant du sable bitumineux au Canada.

Un virage environnementale, mais pas que

"Nous reconnaissons que les objectifs que nous fixons sont ambitieux", mais "nous avons l'occasion de prendre notre part afin de bâtir un monde plus durable", souligne Bruce Carnegie-Brown, président du conseil d'administration du Lloyd's of London.

Le groupe assure vouloir changer sa culture sur les questions environnementales et sociales, notamment après des révélations fracassantes en 2019 sur des comportements machistes et des faits de harcèlement sexuel.

Dans son rapport, Lloyd's s'engage à avoir 35 % de femmes dans des postes à responsabilité d'ici fin 2023.

Il promet également d'améliorer la représentation des minorités ethniques en son sein, avec des mesures et objectifs qui seront annoncés l'an prochain.