La SA Louis De Poortere de Mouscron a demandé vendredi le concordat auprès du tribunal de commerce de Tournai. Spécialisée dans le tapis haut de gamme, cette société emploie encore quelque 200 personnes. Selon la FGTB, seul un problème d'interprétation juridique a poussé les actionnaires à une telle demande. Le vendredi 6 janvier 2006, la société mouscronnoise Louis De Poortere, à ne pas confondre avec la SA De Poortere Frères de Mouscron, a introduit auprès du tribunal de commerce de Tournai une demande de concordat. Le tribunal rendra sa décision dans les quinze jours à venir. Le sort de quelque 200 travailleurs, dont 115 ouvriers, est en suspens.

Implantée aux confins de Mouscron et d'Aelbeke, la SA Louis De Poortere s'est repositionnée en juin 2004 dans la fabrication de tapis de haut de gamme. Cette société était auparavant spécialisée dans la fabrication de la «double pièce», une carpette tissée des deux côtés qu'elle avait abandonnée à cause de la concurrence étrangère. Lors d'une première restructuration, une quarantaine d'emplois avaient été supprimés.

Jusqu'à ce lundi matin, les syndicats n'étaient en rien informés de cette demande de concordat. Selon M. Dryon, administrateur, l'endettement de la société a en effet fondu comme neige au soleil. Les crédits bancaires ont été totalement apurés à hauteur de 2 millions d'euros, les créances auprès des fournisseurs sont totalement assumées et les dettes au niveau du précompte professionnel ont été remboursées.

«Pour des raisons bien précises, la firme n'a pas pu respecter vis-à-vis de l'ONSS le remboursement prévu dans le cadre d'un plan d'étalement de la dette. Cette dette auprès de l'ONSS a déjà été considérablement réduite mais se situe encore à 1,5 million d'euros. Il est à noter que l'ONSS a régulièrement été payé mais, pour des raisons juridiques, la vente immobilière de deux bâtiments n'a pu se faire. Un million d'euros est ainsi «séquestré» au niveau d'un notaire au travers d'un juridisme excessif», a expliqué Patrice D'Hoop (FGTB).

Ce concordat permettrait à l'entreprise, après désignation d'un commissaire, d'obtenir un sursis. Ce commissaire doit veiller à apporter toutes les informations nécessaires aux créanciers mais aussi à intervenir au niveau de la gestion de la société. «Il pourra également intervenir positivement pour le déblocage du million d'euros, ce qui permettrait de respecter le plan d'étalement auprès de l'ONSS et de respecter les obligations de l'entreprise vis-à-vis du plan de restructuration», indique-t-on du côté du syndicat socialiste.

© La Libre Belgique 2006