L'annonce de la suppression de 1000 emplois est un mauvais signal pour les travailleurs de Brussels Airlines, qui compte environ 4000 employés. Mais ce n'est pas ce qui fait le plus peur au personnel apparemment. "On s'y attendait. Ça a juste accéléré le plan Reboot déjà annoncé", nous dit un employé. "On peut penser qu'ils vont limiter l'impact avec des départs volontaires et des pré-pensions. Ça touchera moins le personnel navigant que le personnel au sol à mon avis", ajoute-t-il.

Environ un quart du personnel tout de même, "c'est dingue. Mais est-ce que ça va résoudre les problèmes ? Je n'en suis pas sûr. Mais c'est surtout pour les conditions de travail que l'on s'inquiète. On nous a déjà diminué les temps de repos, les nuits à l'étrangers. On risque de faire des 'doubles shifts' au niveau européen, c'est-à-dire partir le soir vers 20h par exemple, faire une courte nuit et repartir le lendemain vers 10h, tout ça comptant pour une journée. On a peur aussi pour la baisse des salaires", ajoute l'employé.

Ce travailleur n'en sait pas plus sur les lignes qui vont être effectivement supprimées, comme l'a annoncé Brussels Airlines ce mardi matin. Et si l'on a appris ce mardi après-midi que la Lufthansa a refusé un plan d'aide de l'Etat belge pour éviter que celui-ci devienne un actionnaire encombrant (avec minorité de blocage), ce travailleur l'ignorait, mais se montrait clairement dubitatif: "Lufthansa veut garder Brussels Airlines, même s'ils ont complètement démoli la compagnie ces deux dernières années. Leur objectif est d'en faire une compagnie low cost. Ils ont tout fait pour cela. Mais ils veulent la garder surtout pour conserver la mainmise sur le marché africain. Pour éviter qu'une autre compagnie ne s'empare du marché (où Brussels Airlines a un positionnement fort depuis de nombreuses années, NDLR). Lufthansa ne voudra certainement pas laisser nationaliser la compagnie", termine-t-il.