L'accord entre le premier groupe européen du transport aérien, sauvé de la faillite par le contribuable, et le syndicat Verdi concerne 35.000 employés et prévoit notamment l'annulation de primes et hausses de salaires, ainsi que des retraites anticipées et un programme de départs volontaires.

Un accord à long terme similaire, sur un volume de 500 millions d'euros d'économies, existe déjà avec le personnel navigant. Les licenciements secs chez les pilotes sont exclus jusqu'en avril 2021 alors qu'un nouvel accord est en négociation avec cette catégorie de salariés.

Lufthansa prévoit de supprimer au total quelque 30.000 postes dans le cadre d'une restructuration face à la chute sans précédent du trafic aérien et à des perspectives sombres pour le secteur. A ce nombre s'ajoute le départ de 7.500 personnes dans le cadre de la récente vente de la filiale de catering (traiteur) LSG.

Les membres de Verdi ont accepté l'accord, fruit de négociations difficiles, à 71%, selon le syndicat, qui y voit un "vote de solidarité du personnel".

Dans un communiqué, le directeur des ressources humaines Michael Niggemann s'est félicité du vote des employés, appelant à "se mettre d'accord" dès maintenant sur la période post-2021, quand la subvention par l'Etat du chômage partiel prendra fin.

Sur les neuf premiers mois de l'année, la perte nette de l'entreprise a atteint 5,6 milliards d'euros pour une baisse de chiffres d'affaires de 60% à 11 milliards d'euros, et un fort recul du nombre de passagers alors que la deuxième vague de la pandémie a coupé court à la reprise des vols cet été.

La direction a dû revoir ses pronostics pour l'hiver et volera à 25% de ses capacités pré-pandémie.

Le groupe -- auquel appartiennent également les compagnies Swiss, Austrian, Brussels Airlines et Eurowings -- a bénéficié en juin d'un vaste plan de sauvetage de 9 milliards d'euros du gouvernement allemand, qui est entré à son capital à hauteur de 25%.