Les actionnaires de Lufthansa ont approuvé mardi une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros maximum, destinée à rembourser les aides publiques qui ont permis au géant du transport aérien d'éviter la faillite, en pleine crise du Covid-19.

"Une majorité de 97,79%" des actionnaires - dont l'Etat allemand, qui détient 20 % depuis le sauvetage-- ont approuvé ce plan proposé par la direction, a fait savoir Lufthansa, à l'issue de l'Assemblée générale du groupe organisée mardi en ligne. Environ "3.200 actionnaires", soit "40,8%" du capital, y étaient représentés.

La "plus grande partie" des recettes de l'émission de nouvelles actions, dont ni le montant final ni la date n'ont été décidés, servira à "rembourser" les aides publiques, a déjà prévenu le patron du groupe, Carsten Spohr.

La levée interviendra "cette année ou l'année prochaine" dépendant "du soutien des marchés" et le montant sera "aussi petit que possible", a précisé la semaine passée le directeur financier, Remco Steenbergen.

2,5 milliards du plan de sauvetage utilisés

Lufthansa a jusqu'ici utilisé 2,5 milliards d'euros sur le montant de 6,8 milliards du plan de sauvetage allemand, dont 300 millions d'euros représentaient la prise de participation publique. Le groupe en a remboursé un milliard en février.

Grâce à cette "étape clé", le groupe entend retrouver l'indépendance financière et un "actionnariat entièrement privé", selon le responsable financier.

"Nous préférons nous financer sur le marché qu'auprès du contribuable", argue de son côté M. Spohr. Le groupe, qui compte aussi les compagnies Swiss, Austrian Airlines et Brussels Airlines, a, comme l'ensemble du secteur aérien, lourdement souffert des conséquences de la pandémie.

En 2020, la perte nette avait atteint 6,7 milliards d'euros, un record. Au premier trimestre cette année, Lufthansa a encore perdu un milliard. En phase de restructuration, le transporteur va se séparer d'ici 2023 de 150 appareils, et a déjà supprimé près de 25.000 emplois en un an.

Le sort de 10.000 postes (équivalent temps plein) en Allemagne reste en suspens, conditionné à des mesures d'économies supplémentaires. Le groupe n'exclut pas des licenciements, notamment chez les pilotes, à l'expiration d'une garantie d'emploi début 2022. Lufthansa a cependant annoncé lundi soir une nouvelle commande de cinq Airbus A350-900 et de cinq Boeing 787-9 pour accélérer la modernisation de sa flotte. A 14H50 GMT, suite au vote des actionnaires, l'action du groupe était en hausse de 0,24% à 11,05 euros sur le Mdax des valeurs moyennes de la Bourse de Francfort.