Lufthansa, premier groupe européen du transport aérien qui fait l'objet d'un plan de sauvetage inédit et a vu sa valeur boursière fondre, va quitter l'indice Dax des 30 valeurs vedettes de la Bourse de Francfort, a annoncé jeudi l'opérateur boursier. Cela en raison de la chute de la valeur boursière de l'entreprise à la suite de la crise du coronavirus. La compagnie, maison-mère de Brussels Airlines, sera remplacée au Dax par le groupe immobilier Deutsche Wohnen à partir du 22 juin et rétrogradée au MDax des valeurs moyennes, a indiqué Deutsche Börse, qui réévalue régulièrement la composition des indices selon des critères de capitalisation et de volume d'échanges, dans un communiqué.

La valeur boursière de Lufthansa, membre du Dax depuis sa création en 1988, a commencé à baisser bien avant la pandémie. Mais elle a chuté avec la crise, qui a mis à l'arrêt la quasi-totalité des opérations passagers du groupe.

L'action a clôturé jeudi à 10,31 euros, soit une baisse de 37% depuis le début de l'année, pour une capitalisation boursière de près de 4,8 milliards d'euros. Lufthansa n'est dès lors "plus que" la soixantième entreprise en Allemagne, alors que seulement 30 sont incluses dans l'indice Dax.

D'un prix maximum fin 2017 à plus de 31 euros, le titre de la compagnie a reculé à 15 euros en début d'année. Il a ensuite chuté drastiquement à juste au dessus de 7 euros fin avril en raison de la crise sanitaire qui a plongé le transport aérien et le secteur du tourisme dans une crise sans précédent.

Lufthansa, qui a affiché une perte nette de 2,1 milliards d'euros au premier trimestre, anticipe une reprise "très lente" de l'activité et a annoncé mercredi une "profonde restructuration".

Pour traverser cette crise sans précédent pour l'aviation, Lufthansa a obtenu 9 milliards d'euros d'aide publique et de crédits garantis, moyennant une entrée au capital de l'Etat qui deviendra son premier actionnaire, et des concessions à la concurrence, exigées par Bruxelles.

Devoir céder sa place au Dax est "dommage" et "fait mal", a admis le patron Carsten Spohr mercredi, interrogé sur cette possibilité. "Mais je pense que dans la situation actuelle", en plein sauvetage et crise, "la question d'être un groupe du Dax ou du MDax n'est pas si importante", a-t-il conclu.

Cela faisait 32 ans que l'entreprise faisait partie de l'indice boursier vedette.

La composition du Dax reflète plusieurs critères, dont la capitalisation boursière et le volume des échanges. Le changement n'est pas dû à l'entrée prévue de l'Etat allemand au capital.

Deutsche Wohnen possède plus de 164.000 biens immobiliers, en majorité résidentiels et en Allemagne, et affiche en Bourse une capitalisation de près de 15 milliards d'euros. L'entreprise a 3.500 employés.