La fraude fiscale s'insinue davantage dans certains domaines. Les télécoms, par exemple, sont l'un de ses secteurs de prédilection. Hervé Jamar, le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude fiscale, a expliqué mardi que ses services devraient dégager 100 millions d'euros de leurs investigations dans ce milieu au cours de l'année 2006.

«Nous intervenons à trois niveaux», a-t-il précisé. «Premièrement, nous contrôlons les grandes sociétés de téléphonie pour les risques de fraude internationale. Deuxièmement, nous nous attaquons aux cartes prépayées, dont beaucoup sont vendues de façon frauduleuse. Troisièmement, nous débusquons les «phone-shops» en infraction.»

Les contrôles dans cinq autres secteurs devraient rapporter quelque 50 millions d'euros supplémentaires. «Le secteur de la construction a connu une croissance de plus de 11 pc alors que le nombre d'ouvriers n'a crû que de 0,82 pc», souligne Hervé Jamar. «Dans les transports, une opération d'un jour menée dans le Benelux et en France a permis de constater 225 infractions», continue-t-il.

Le commerce électronique sera également la cible de contrôles fiscaux, ce qui a fait réagir BeCommerce, une plateforme qui représente des commerçants belges sur le net. Dans un communiqué repris hier par l'agence Belga, BeCommerce soutient que «des actions positives et stimulantes à l'égard du secteur pourraient rapporter bien plus de revenus au gouvernement belge, par exemple en adaptant la loi sur les pratiques de commerce actuellement en vigueur». Et de stigmatiser le délai de réflexion de sept jours dont bénéficie le consommateur à partir de la livraison avant de payer.

L'administration traquera aussi la fraude à la seconde résidence à l'étranger. «Tous les Belges à l'étranger ne sont pas des fraudeurs mais si l'on déclare 1 000 euros par mois et que l'on construit une villa de 5 milliards, c'est forcément suspect», dit Hervé Jamar qui ajoute, boutade à l'adresse de son ministre de tutelle: «Il est plus difficile de rapatrier des briques que des capitaux!»

Enfin, des mesures contre les abus commis par le biais de personnes morales devraient gonfler les recettes de 150 millions d'euros. Si l'on y ajoute les 80 millions déjà annoncés via la lutte contre la fraude sociale, on parvient aux 380 millions inscrits dans le budget 2006.

© La Libre Belgique 2006