On dit qu’en période de crise, le commerce de luxe échappe à la morosité générale, les personnes fortunées ayant toujours de quoi se permettre des achats, quelque coûteux qu’ils soient. Ce n’est pas nécessairement vrai, ainsi que le montre l’évolution actuelle du numéro un mondial du secteur : Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH). Peut-être la forte diminution des bonus des traders et managers d’entreprises y est-elle pour quelque chose.

Toujours est-il que le chiffre d’affaires du troisième trimestre, à communiquer par la société, vendredi prochain 9 octobre, risque fort d’être en diminution, dans la foulée de celui du semestre précédent. Pourtant, LVMH était encore en plein essor en 2007, grâce principalement à ses ventes dans les pays émergents, et son exercice 2008 n’a pas été vraiment mauvais.

Le bénéfice net par action, qui avait bondi de 3,87 à 4,27 euros, il y a deux ans, a peu rétrogradé l’année dernière, à 4,20 euros. Les beaux résultats de Louis Vuitton, en Chine surtout, ont contrecarré le manque d’allant des vins et spiritueux, les difficultés rencontrées aux Etats-Unis et au Japon, et la hausse de l’euro. Par ailleurs, les parfums et cosmétiques sont restés en progrès.

Boursièrement parlant, cela s’est traduit par un sommet de 89,36 euros en octobre 2007 - venant de quelque 25 euros en 2001 - et un minimum de 38,10 euros en février dernier. Aujourd’hui, grâce au meilleur climat général sur le marché des valeurs, on évolue à nouveau à près de 70 euros.

Les résultats de l’exercice en cours seront pourtant ingrats, à voir la performance du premier semestre où, avec un chiffre d’affaires en recul organique de 7 %, le bénéfice net a plongé de 23 %. Aussi le consensus des analystes prévoit-il un profit annuel net par action réduit à 3,77 contre 4,20 euros.

Le cours de Bourse anticipe un redressement en 2010. Celui-ci devrait se traduire selon le consensus par un bénéfice net de 4,06 contre 3,77 euros par action.

Sur 24 analystes, 8 conseillent d’acheter la valeur, 6 d’en accumuler des titres, 8 de conserver et 2 de vendre. L’attitude moyenne est donc largement positive. En effet, la société est bon marché, son endettement est faible, et elle résiste mieux à la crise que ses concurrents Richemont et Tiffany.

C’est ce que soulignent les analystes de CM-CIC Securities, qui ont, il y a peu, rehaussé leur objectif de cours de 68 à 75 euros. Ils estiment que les bonnes perspectives de la société ne sont pas encore intégrées dans le cours.