M6 a annoncé lundi que Bouygues, maison mère de TF1, voulait racheter 30% de son capital à l'allemand Bertelsmann, une opération qui devra encore franchir nombre d'obstacles réglementaires. M6, qui possède aussi des stations de radio dont RTL, était à vendre depuis plusieurs mois par son actionnaire principal le groupe allemand Bertelsmann, via sa filiale RTL Group. Il avait reçu fin mars plusieurs offres, dont celles de Vivendi (Canal+), Xavier Niel, ou encore de l'entrepreneur tchèque Daniel Kretinsky, selon des informations de presse.

C'est finalement Bouygues, maison mère de TF1, qui l'a emporté et qui prendra le contrôle du futur groupe avec 30% des parts si la fusion est autorisée.

"TF1, M6, Bouygues et RTL Group annoncent aujourd'hui (lundi) qu'elles ont conclu des protocoles d'accord d'entrée en négociations exclusives pour fusionner les activités de TF1 et M6 et créer un groupe de médias français d'envergure", ont annoncé les groupes dans un communiqué. Ils disent tabler sur une finalisation de la transaction d'ici à la fin de 2022.

Le patron emblématique de M6, Nicolas de Tavernost, deviendrait alors PDG de la nouvelle entité, ont annoncé les chaînes. L'actuel PDG de TF1 Gilles Pélisson deviendra directeur général adjoint de Bouygues en charge des médias.

"La consolidation est une impérieuse nécessité pour que le public français et l'ensemble de la filière continuent de jouer un rôle prédominant face à une concurrence internationale exacerbée qui connait une accélération fulgurante", a déclaré M. de Tavernost qui était vigoureusement opposé à un démantèlement de son groupe.

Au bout de 18 mois, si les autorités de régulation donnent leur assentiment, l'actuel patron de M6 Nicolas de Tavernost deviendra PDG de la nouvelle entité, a en revanche souligné le groupe. On ignore ce que deviendra l'actuel PDG de TF1 Gilles Pélisson.

La fusion entre les deux groupes aujourd'hui concurrents pourrait permettre la réalisation d'un maximum de synergies, notamment en permettant de ne conserver qu'une seule régie publicitaire.

Bertelsmann, qui détient jusqu'ici 48,3% du capital du groupe M6 via sa filiale RTL Group, s'était déclaré vendeur en début d'année et l'offre de TF1 semblait tenir la corde face à ses concurrents.

Ce processus d'acquisition sera néanmoins soumis à de fortes contraintes réglementaires sur la concentration des médias.

En effet, seules sept autorisations pour diffuser sur les ondes hertziennes peuvent être accordées à un même groupe de télévision.

Le groupe M6 détenant déjà cinq fréquences (sa chaîne éponyme, W9, 6ter, Gulli et Paris Première), un rachat par TF1 également propriétaire de cinq canaux (TF1, TMC, LCI, TFX, TF1 Cinéma Séries) impliquerait la cession de trois chaînes.

Selon des experts, le point décisif sera le feu vert des autorités anti-trust.

Le mariage de la première et de la troisième chaîne du PAF ferait en effet émerger un acteur géant de la télévision dépassant France TV avec plus de 30% de part d'audience et représentant les trois quarts du marché publicitaire sur le média.

Enfin, d'un point de vue boursier, la loi empêche un actionnaire de détenir plus de 49% d'un groupe de télévision.