Quarante ans, c’est l’heure d’un bilan. Oxfam-Magasins du monde n’y échappe pas, qui souffle ses bougies, ce samedi, en son siège de Wavre. Celui-ci se transformera pour l’occasion en "Fair Village" pour une "fête qui nous ressemble : simple, sympa et cohérente par rapport à nos valeurs", sourit Pierre Santacatterina, le directeur.

L’histoire débute en 1976 avec un premier magasin qui ouvre ses portes à Bruxelles (Boitsfort). "Au départ, ce sont des bénévoles qui se sont structurés et ont commencé à vendre des produits issus du commerce équitable pour soutenir des partenaires du Sud, raconte-t-il. A la limite, le produit était moins important que le projet politique. Depuis, la qualité a évolué. Aujourd’hui, l’accent est aussi mis sur des produits qui sont bons et beaux."

On compte actuellement 70 magasins en Wallonie et à Bruxelles (qui en compte une dizaine). Le déploiement du réseau n’est pas à l’ordre du jour, mais plutôt son relooking ou le déménagement vers de meilleurs emplacements. En outre, 120 Jeunes Magasins du monde ont fleuri dans les écoles secondaires. Pas plus, car "cela doit rester gérable. Nous essayons plutôt d’en développer dans l’enseignement technique et le professionnel", précise le directeur. Quant au nord du pays, il abrite environ 200 points de vente Oxfam-Wereldwinkels.

Pour mener à bien sa mission, Oxfam-Magasins du monde s’appuie sur 4 500 bénévoles et 65 équivalents temps plein.

"Un mouvement qui a vraiment sa place"

A côté de l’artisanat, on trouve également, en magasin, de l’alimentaire, des cosmétiques, des produits de solidarité (pour soutenir l’association) et des vêtements de seconde main. Les articles sont importés d’Asie, d’Amérique du Sud et d’Afrique, mais de nouveaux partenariats voient le jour en Europe, voire même en Belgique (bières de la Lesse). Les ventes, assez stables, se sont élevées l’an dernier à 6,1 millions d’euros. Dont 2,6 millions pour les produits artisanaux et le même montant pour l’alimentaire.

L’avenir ? Plus que jamais, il passe par un bénévolat qui se réinvente, par un "mouvement qui a vraiment sa place par rapport aux grands enjeux actuels" (économie durable, aspect social, etc.), dans "une société de transition où émergent, un peu partout, des initiatives locales, la volonté de mettre en avant des circuits courts" (Oxfam prône le circuit court entre producteurs et acheteurs), et par la réflexion sur son activité commerciale restée jusqu’ici orientée "magasins" (la vente par Internet n’est encore qu’en test). Enfin, l’idée est aussi de se rapprocher d’Oxfam Solidarité, autre antenne d’Oxfam Belgique qui lutte contre l’injustice et la pauvreté, et de privilégier les synergies.A.Ma.