Le groupe Magotteaux, dont le siège social est installé à Vaux-sous-Chèvremont (Chaudfontaine), en région liégeoise, a cédé sa filiale Magolux SA, basée à Messancy (province de Luxembourg), à la société allemande Callista Private Equity, le 5 février. "Une société spécialisée dans l'acquisition de filiales déficitaires", peut-on lire dans un communiqué envoyé par la CNE.

"Les organisations syndicales ouvriers et employés de la CSC regrettent amèrement la manière dont Magotteaux et les nombreux Plant Managers qui se sont succédé ont développé, malgré les avertissements des organisations syndicales, les projets industriels de Magolux. Il s’agit ni plus ni moins que du démantèlement progressif et orchestré d’une de ses filiales", peut-on encore lire dans le communiqué.

Les travailleurs de la filiale d'Aubange dénoncent un manque de communication de la part de la direction et se sont mis en grève ce lundi à 9h.

Environ 65 travailleurs de Magolux, soit une majorité du personnel, sont arrivés lundi peu après 9h sur le site de Magotteaux Liège afin de rencontrer les responsables du groupe. Par solidarité, plusieurs dizaines de travailleurs des usines de Vaux-sous-Chèvremont se sont joints à eux.

Vitres cassées, jets de pétards et dégradations

Sur place, les choses ont rapidement dégénéré.

Les employés qui étaient présents à l'arrivée des travailleurs ont été priés de quitter les lieux. Pour manifester leur mécontentement, les grévistes ont allumé un feu dans la pelouse faisant face aux bureaux. Plusieurs vitres ont éclaté sous le jet de pétards et la porte d'entrée vitrée a cédé sous la pression des travailleurs. Une partie d'entre eux se sont alors engouffrés dans le bâtiment, où ils ont causé diverses dégradations.

Une quinzaine de policiers sont présents.

Un contexte difficile

Depuis 1984, Magolux produit des pièces de fonderie grand format pour les marchés du dragage et des cimenteries. Malgré le soutien financier du groupe Magotteaux, à hauteur de "plus de 20 millions d'euros", l'entreprise fait face à une concurrence rude en provenance des pays émergents. De plus, "la demande réduite de ces secteurs (NDLR: dragage et cimenteries) ne permettait plus à Magolux d'assurer son développement", souligne-t-on au sein de l'entreprise.

"Cette transition vers Callista est la meilleure option en vue d'assurer l'avenir professionnel de Magolux et de ses travailleurs", déclarait Sébastien Dossogne, CEO du groupe Magotteaux, début février.

De son côté, Olaf Meier, CEO de Callista Private Equity, se dit fier d'ajouter Magolux au portefeuille de l'entreprise. "L'ensemble de l'équipe existante nous permettra de rapidement planifier le développement des activités et de viser une croissance à travers l'acquisition de nouveaux marchés", a-t-il indiqué.

A Liège, la situation n'est pas des plus réjouissantes en raison de la baisse d'activité des deux usines maintenues en fonction. Si bien que le chômage économique à raison d'un jour par semaine, instauré vers la mi-2017, se poursuit en 2019 pour l'ensemble du personnel.