Le groupe dirigé par la famille Mulliez a perdu l’an dernier un milliard d’euros !

Le groupe français Auchan Holding, qui a accusé une perte nette de 1,145 milliard d’euros en 2018, a annoncé vendredi un plan de "redressement" de son pôle distribution, qui passera par une réforme en profondeur de ses hypermarchés et des coupes financières.

Pôle distribution de la holding, qui possède également la banque Oney et la foncière Ceetrus, Auchan Retail a obtenu des résultats "très insuffisants" l’an dernier, a reconnu Edgard Bonte, le nouveau président du directoire de la société, non cotée en Bourse et propriété de l’Association familiale Mulliez (AFM).

Le produit de ses activités ordinaires - l’équivalent de son chiffre d’affaires - s’est ainsi établi en baisse de 3,3 % à changes courants, à 50,269 milliards d’euros hors taxes. Quant à son excédent brut d’exploitation (Ebitda), il a perdu 20,5 % à 1, 518 milliard d’euros, avec une France en chute de 44,1 %, en raison notamment de l’impact du mouvement des "gilets jaunes" et de la prime Macron. Ces mauvais résultats, qui étaient pressentis en fin d’année dernière, avaient conduit l’AFM à "un changement de gouvernance" et à la nomination de M. Bonte, 45 ans.

Un plan nommé "Renaissance"

Président de Kiabi, une enseigne de la galaxie Mulliez qu’il a contribué à redresser, il a été nommé à la tête d’Auchan Retail en tant que "redresseur d’entreprises sans a priori" , selon ses propres mots. "Je suis de la famille (NdlR : il est le gendre de Patrick Mulliez, le frère de Gérard Mulliez, fondateur de l’empire) , ce qui me permet d’être libre de mes actes et de mes prises de position" , a-t-il souligné. Son "plan d’action" , intitulé "Renaissance", sera centré sur l’hypermarché, le format phare de l’enseigne, en lequel il "croit" mais qui doit "se métamorphoser" pour ne pas perdre en "attractivité" . Cette révolution passera par des "réductions" de surface, non chiffrées, l’arrivée de "nouveaux métiers" comme la restauration, ainsi que des "concessions" passées avec d’autres entreprises de la galaxie Mulliez (Decathlon, Boulanger, Leroy Merlin, Norauto ou Kiabi). Il est également prévu de baisser "de moitié" les investissements, ce qui générera "plusieurs centaines de millions d’économies en année pleine" . Aucun plan de réduction d’effectifs, notamment en France, n’est en revanche programmé, a assuré le dirigeant.