La rédaction du Soir a décidé jeudi matin d'arrêter spontanément le travail jusque 13h00. Elle entend de la sorte mettre sa direction sous pression afin qu'elle accorde des jours de repos compensatoires aux journalistes qui y ont été engagés après 2013. A l'inverse des collègues plus anciens, la vingtaine de journalistes embauchés depuis 2013 ne bénéficient pas de jour de repos pour compenser leurs prestations au-delà des 38 heures de travail hebdomadaires prévues par leur contrat.

Ceux-ci réclament dès lors de pouvoir bénéficier de 12 jours de repos compensatoires par an pour contrer l'épuisement qui, selon les représentants du personnel, a déjà provoqué plusieurs arrêts maladie au sein de la rédaction.

Plusieurs réunions organisées ces dernières semaines entre direction et représentants de journalistes n'ont pas permis d'aboutir à un accord.

"Incertitude pour le futur"

La direction a fait plusieurs propositions, mais "celles-ci ne répondent pas à la revendication initiale de la rédaction, dans le sens où elles s'appuient, entre autres, sur une individualisation de la récupération du temps de travail supplémentaire, laissant trop de place à l'arbitraire, à de nouvelles inégalités et à de l'incertitude pour le futur", estiment les représentants des travailleurs.

L'arrêt de travail spontané a été soutenu jeudi par une très large majorité des journalistes réunis en assemblée générale virtuelle. D'autres actions pourraient suivre "si la direction ne manifeste pas la volonté de parvenir à un accord", ajoutent-ils.

Ce mouvement de grogne devrait très sérieusement perturber l'alimentation du site web gratuit du Soir ainsi que celui destiné aux abonnés jusqu'en milieu de journée au moins.