Entreprises & Start-up

Alors que l’année 2015 et les trois premiers mois de 2016 avaient été relativement calmes sur le front des restructurations, les deuxième et troisième trimestres ont été bien plus chargés, et le quatrième prend la même tournure (voir infographie) . Selon les statistiques publiées par le SPF Emploi, de janvier à mars, 1 414 personnes ont été concernées par l’annonce d’un licenciement collectif. D’avril à juin, ce nombre est passé à 2 930. Les chiffres officiels du troisième trimestre ne seront disponibles que dans quelques jours, mais la simple addition des annonces récentes de restructurations (chez Caterpillar, Axa, Douwe Egberts, CP Bourg…) révèle que l’on sera au-delà des 4 000 travailleurs touchés. Et pour les trois derniers mois de l’année, ils sont déjà 3 158, chez ING (la plus grosse restructuration annoncée depuis Ford Genk en 2012). Au total, pour une année 2016 qui n’est pas encore terminée, on en est donc à plus de 11 500. Ce qui n’était plus arrivé depuis 2012.

Ça augmente…

Derrière ces spectaculaires annonces, la situation de l’emploi n’est pourtant pas si mauvaise en Belgique. L’évolution est même positive. Selon la Banque nationale, en juin dernier, on comptait en Belgique 4 628 500 travailleurs (salariés ou indépendants) (1). Au troisième trimestre 2014, on en totalisait 4 552 500. Le gouvernement Michel a vu dans ces 76 000 emplois créés depuis sa mise en place, le fruit de sa politique.

Toujours selon la BNB, entre 2016 et 2018, 140 000 emplois devraient être créés. Le Bureau du Plan, lui, estime à 230 000 unités la progression de l’emploi sur la période 2016-2021, "soit nettement plus que sur les six années précédentes" .

Les restructurations à répétition que nous connaissons ces dernières semaines viendront certes noircir ce tableau, mais n’empêcheront pas l’emploi global de progresser. C’était le sens des propos de Bart Buysse, directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique, à "La Libre", il y a quelques jours : "Le chômage temporaire est à un niveau historiquement bas. L’activité intérimaire est presque aussi élevée qu’avant la crise. Et on a un record d’offres d’emplois, en tout cas du côté flamand. La tendance est bonne."

… mais moins vite qu’ailleurs

La tendance est bonne, donc, mais insuffisante, cependant, au regard de ce qui se produit ailleurs en Europe. Au deuxième trimestre 2016, l’emploi n’a crû que de 0,2 % en Belgique, soit deux fois moins qu’en moyenne dans les pays de la zone euro, constate Eurostat. Et le taux d’emploi ne progresse quasiment pas non plus. D’après Eurostat, malgré la création d’emplois et à cause de la croissance de la population active (notamment via l’immigration), la part des 20-64 ans au travail en Belgique se maintient autour des 67 %, bien loin derrière la moyenne européenne (70 %) et surtout derrière l’objectif que l’Europe a assigné à la Belgique pour 2020 (73,2 %).

De même, si les chiffres du chômage sont en baisse constante dans notre pays depuis un an et demi, l’Office national de l’emploi (Onem) reconnaît lui-même que c’est en bonne partie parce que des dizaines de milliers de personnes (29 000 rien qu’en 2015) se sont fait exclure du bénéfice des allocations d’insertion, et non parce qu’elles ont trouvé un job.


(1) En moyenne sur le 2e trimestre 2016.